Procès de Madrid : les accusés s’étripent

Le Marocain Rachid Aglif, membre présumé de la cellule islamiste auteur des attentats du 11 mars 2004, a récusé mercredi les «énormités et mensonges» proférés contre lui par un autre accusé, le Marocain Rafa Zouhier.
«C’est à cause des énormités et des mensonges de Zouhier à mon sujet que je suis ici aujourd’hui», a déclaré au cours de sa comparution au procès des attentats du 11-mars 2004 à Madrid, cet homme de 27 ans, accusé d’appartenance à un groupe terroriste et de fourniture d’explosifs.
Aglif, qui encourt une peine de 21 ans de prison, est considéré comme un lieutenant de Jamal Hamidan, "le Chinois" chef présumé de la cellule qui a organisé les attaques meurtrières du 11 mars.
"Le Chinois" est mort dans l’appartement de Leganes, près de Madrid, en se suicidant à l’explosif avec six autres auteurs présumés des attentats, alors que la police assiégeait l’immeuble le 3 avril 2004.
Aglif a reconnu être un ami d’Hamidan et de Zouhier qui, selon l’accusation, ont planifié et organisé l’échange de drogue contre les explosifs ensuite utilisés pour les attentats du 11 mars, les plus meurtriers commis en Espagne avec 191 mort et 1.824 blessés.
Mais l’accusé a réfuté tout lien avec les attentats, même s’il a reconnu avoir assisté à une réunion à la fin 2003 entre Hamidan, Zouhier, et l’Espagnol Emilio Suarez Trashorras, le fournisseur présumé des explosifs.
Un autre membre présumé de la cellule islamiste ayant organisé les attentats, le Marocain Abdelilah el-Fadoual el-Akil, 36 ans, a pareillement nié toute implication, mais a reconnu connaître "le Chinois".
«Je ne savais rien de tout cela», a-t-il assuré, qualifiant de "barbares" les attentats du 11 mars. Ses confessions sur son implication dans des trafics de drogue avec "le Chinois" ont été extorquées sous la pression de la police, a-t-il déclaré, en s’exprimant de manière confuse et dans un espagnol hésitant.
«Ils m’ont torturé, m’ont maltraité et m’ont dit qu’ils cherchaient Al-Qaïda et pas la drogue et que je pourrais être libéré», a expliqué cet accusé qui encourt une peine de 12 ans pour appartenance à une entreprise terroriste.
Selon l’accusation, el-Fadoual s’est rendu à la maison de Morata de Tajuna, près de Madrid, où les bombes ont été assemblées avant les attaques du 11 mars, pour récupérer une voiture ayant servi à transporter les explosifs depuis les Asturies (nord-ouest).
Les deux accusés, qui ont comparu mercredi, ont suivi la même ligne de défense que tous les autres accusés interrogés jusqu’à présent dans ce procès qui a démarrée jeudi dernier.
En particulier, les trois "cerveaux" et les trois auteurs matériels présumés des attentats ont nié toute implication et condamné ces attaques, se défendant de manière plus ou moins convaincante.

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