Proche-Orient : Conférence d’Annapolis : Mahmoud Abbas pose ses conditions

«Nous voulons parvenir à un document clair qui nous aidera à entamer des négociations selon un calendrier défini. Il nous faut un document clair et une date butoir pour parvenir à un résultat définitif», a affirmé le président palestinien, Mahmoud Abbas. Il a déclaré également qu’il ne se rendrait pas « à n’importe quel prix » à la grande conférence d’Annapolis organisée par le président Bush sur la paix au Proche-Orient. Mahmoud Abbas a fustigé les agissements israéliens sur le terrain, prenant pour exemple la récente confiscation de terres palestiniennes près de Jérusalem, qui «entravent les efforts visant à parvenir à un document substantiel pour le présenter à la réunion». Des dissensions apparaissent donc après l’annulation de la conférence de presse de mercredi, normalement conduite conjointement avec Condoleezza Rice. Saeb Erekat, membre de l’équipe de négociations de l’Autorité palestinienne, joint par téléphone, déclare que pour lui, «rien n’a changé depuis mardi, lors de la première entrevue entre Rice et le président, ils ont déclaré vouloir une conférence internationale qui ait de la substance», affirme-t-il. «Aucune conférence de presse n’a été annulée, c’était simplement une erreur de planning. Tous les sujets de négociations sont difficiles, nous ne faisons pas un travail aisé et Mme Rice fait de son mieux pour aider les deux parties. Mais, aujourd’hui, tout dépend des Israéliens». Les Palestiniens sont cependant sceptiques. «Les Palestiniens savent que Mme Rice est la secrétaire d’Etat américaine et ils veulent qu’elle les aide à mettre en place la feuille de route qui impose une solution à deux Etats». Insiste M. Erekat. «Les Palestiniens demandent des changements sur le terrain, ils ne veulent pas des colonies», conclut-il. Lors de sa visite au ministère israélien des Affaires étrangères, Condoleezza Rice a réitéré son appel au travail sur la présentation d’un document conjoint israélo-palestinien à la grande conférence d’Annapolis. Les doutes émis par le président Abbas et la mise entre parenthèse de sa participation à cette rencontre internationale, n’ont pas eu l’air d’alerter Mme Rice qui appelle tout de même à une certaine discrétion en cette période de négociations, précisant que la conférence de paix ne sera qu’une «étape dans le processus». La préparation de cette conférence est particulièrement difficile, et le voyage de Mme Rice ne semble pas accorder les violons entre les deux parties. Les Palestiniens et leurs alliés arabes veulent produire un accord détaillé sur le long terme et en finir avec le tracé des frontières et le statut de Jérusalem. Les Israéliens ne parlent que d’une déclaration de principes. Les doutes de Mahmoud Abbas traversent le monde arabe. Malgré les soutiens que Condoleezza Rice a obtenus de la part de l’Egypte, Aboul Gheit, le ministre des Affaires des étrangères égyptien, a émis des conditions, expliquant que les négociations devaient avoir un calendrier strict, ce qu’Israël refuse. Il a de plus noté que seize années se sont écoulées depuis la Conférence de Madrid, première ébauche d’une fondation pour les négociations israélo-palestiniennes, quatorze années, depuis les accords d’Oslo qui créèrent l’Autorité palestinienne et cinq années depuis la «feuille de route», sans qu’aucun n’obtienne un résultat acceptable. «L’idée, a déclaré Aboul Gheit c’est que nous ne pouvons pas négocier indéfiniment».

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