Proche-Orient : Des dizaines de soldats israéliens blessés

Soixante-neuf soldats israéliens ont été blessés mardi dans leur base par une roquette palestinienne tirée de la bande de Gaza, faisant planer la menace de représailles israéliennes. Il s’agit du bilan le plus lourd pour le nombre de militaires blessés par une roquette palestinienne depuis le début des tirs en 2000.
Selon un nouveau bilan établi par le porte-parole de l’armée, un des soldats est dans un état «critique», deux ont été grièvement blessés, tandis que sept autres ont été moins gravement atteints, les autres militaires ayant été légèrement atteints. Une vingtaine d’ambulances ainsi que deux hélicoptères ont évacué les blessés vers plusieurs hôpitaux.
La roquette s’est abattue sur une tente au centre de la base de Zikim, au sud de la ville d’Ashkelon, servant aux périodes de classe des jeunes militaires. Cette tente n’abritait que des produits d’entretien et des bonbonnes d’eau. Les soldats et soldates qui dormaient dans d’autres tentes ont été atteints par des éclats, a ajouté le porte-parole. Des dizaines de parents de militaires qui devaient achever mardi leur période de classe se sont précipités vers la base dès l’annonce de l’explosion pour avoir des nouvelles, a rapporté la radio militaire.
Les Brigades Al-Qods, la branche armée du Jihad islamique, un groupe radical palestinien, et les Comités de la résistance populaire ont revendiqué cette attaque dans un communiqué conjoint publié à Gaza. Le Jihad islamique a baptisé cette attaque «Aurore de la victoire», a affirmé lors d’une conférence de presse à Gaza un chef du groupe, Abou Hamzeh, le visage masqué. «La résistance est l’unique alternative pour recouvrer nos droits et libérer nos lieux saints», a-t-il ajouté, avertissant Israël de ne pas se livrer à «un acte stupide» en attaquant la bande de Gaza.
Peu après l’attaque, quatre membres d’une famille palestinienne, dont deux enfants, avaient été blessés par l’explosion d’un obus de char israélien à Beit Hanoun, dans le nord de la bande de Gaza, a-t-on indiqué de sources hospitalières. Le Premier ministre israélien, Ehud Olmert, avait prévenu jeudi dernier que son pays frapperait «sans pitié et sans hésitation» les groupes armés palestiniens impliqués dans les attaques contre Israël. Ce jour-là, dix activistes palestiniens avaient été tués par l’armée dans la bande de Gaza. Selon la radio publique, M. Olmert a entamé mardi matin des consultations avec plusieurs ministres dont celui de la Défense, Ehud Barak, ainsi qu’avec des membres de l’état-major en vue d’éventuelles représailles. «Ceux qui se livrent à ce genre d’attaques ainsi que ceux qui les soutiennent ou les organisent doivent savoir qu’ils ne sont pas en sécurité», a affirmé à l’AFP Miri Eisin, la porte-parole de M. Olmert. La radio a fait état de pressions croissantes de membres du  gouvernement en faveur d’opérations militaires et de sanctions collectives, lesquelles pourraient prendre la forme de coupures d’électricité et de l’approvisionnement en eau et en carburants de la bande de Gaza. Mais M. Olmert «continue à s’opposer pour le moment à ce genre de sanction», a ajouté la porte-parole. M. Barak, avait ordonné la semaine dernière aux responsables de son ministère d’étudier l’impact et la faisabilité de ce type de punition collective visant la population civile. Sur le front diplomatique, Eli Yishaï, ministre du Commerce et de l’Industrie et dirigeant politique du parti ultra-orthodoxe Shass a appelé à la suite de cette attaque au report de la conférence internationale sur le Proche-Orient que le président américain George W. Bush veut organiser à l’automne. Selon l’armée israélienne, outre la roquette sur Zikim, sept obus de mortier tirés de la bande de Gaza se sont abattus sur le terminal de Kerem Shalom en territoire israélien, provoquant sa fermeture.

Menahem Kahana
AFP

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