Proche-Orient : Effluves de trêve

Proche-Orient : Effluves de trêve

Les Palestiniens seraient-ils sur le point de s’affranchir des opérations meurtrières de l’armée israélienne ? Rien n’est encore sûr pour le moment. L’espoir est, toutefois, nourri de part et d’autre.
En effet, les cinq jours de discussions, qui ont réuni à Ghaza Mahmoud Abbas et les différents groupes palestiniens, auront été fructueux. Ces derniers ont accepté le principe d’une trêve mutuelle, posant comme condition une cessation des opérations militaires israéliennes contre les Palestiniens, notamment les assassinats ciblés.
«Notre position est que l’occupant israélien doit en premier lieu s’engager à un cessez-le-feu. Ensuite, nous n’avons pas d’objection de discuter de façon positive de ce sujet. (…) Israël doit s’engager clairement à cesser ses agressions contre notre peuple et libérer des prisonniers palestiniens », a déclaré à l’Agence France-Presse, Sami Abou Zohri, porte-parole du Mouvement Hamas.
De son côté, Israël avance, par voix de son ministre de la Défense, Shaul Mofaz, qu’il est prédisposé à cesser ses opérations militaires contre les Palestiniens. « Tant qu’il y a de la tranquillité, il n’y a pas de raison pour que nous agissions, certainement pas tandis qu’Abou Mazen effectue ses premiers pas », a-t-il déclaré, selon l’AFP, à la radio publique.
Auparavant, Shaul Mofaz avait affirmé que les groupes palestiniens avaient conclu un accord de cessez-le-feu avec Mahmoud Abbas. Propos aussitôt démentis par les concernés, comme a pu l’indiquer à Reuters Sami Abou Zohri. « Ce qu’a dit Mofaz n’est pas exact. Nous avons répété que le mouvement se disait prêt à étudier sérieusement la question de l’accalmie mais que le calme avait un prix et que nous n’accepterions aucune accalmie sans un engagement clair de la part des occupants sur l’arrêt de toute forme d’agression », a déclaré le représentant du Hamas. À ce propos, les organisations palestiniennes s’étaient engagées envers Mahmoud Abbas de cesser toute attaque contre Israël, et ce pour une période d’un mois. « Pendant cette période, un accord plus complet serait négocié jusqu’à prévoir éventuellement la participation au pouvoir de formations de l’opposition islamiste », selon les propos de Shaul Mofaz. Ainsi, l’Etat hébreu a, une fois de plus, l’opportunité de faire le choix de la raison, celui de permettre aux Palestiniens et aux Israéliens, deux peuples prêts à cohabiter et qui n’aspirent qu’à la paix, de se débarrasser des affres de la violence et de sa spirale. Sinon, Israël peut toujours faire le choix qui lui a continuellement collé à la peau : celui de la folie meurtrière, en rejetant les conditions des factions palestiniennes ou, tout simplement, en trouvant le moyen, comme il lui est de coutume, de briser l’éventuel cessez-le-feu et de donner un bon coup de fouet à la violence.
Israël a, en effet, de tout temps procédé par ce genre d’agissements et l’Histoire est là, elle est sans pitié pour ceux qui ont la mémoire courte.
En effet, lors de l’année 2003, Mahmoud Abbas, qui avait effectué un bref passage au poste de Premier ministre, était parvenu à une trêve avec les mouvements armés palestiniens. Trêve qui n’avait pas fait long feu, car, à peine six semaines s’étaient écoulées que l’armée israélienne déterra la hache de guerre, poursuivant ses opérations meurtrières qui, au bout du compte, ne pouvaient avoir pour corollaire que des représailles du Hamas, notamment un attentat à Jérusalem, au mois d’août.
Aussi, Ariel Sharon n’incarne-t-il pas, à lui seul, cette culture de provocation qui est propre à son gouvernement en particulier et à la politique israélienne en général ?
Encore une fois, afin de rafraîchir les mémoires amnésiques, n’est-ce pas Ariel Sharon qui a été derrière la recrudescence de la violence au Proche-Orient, lorsque, en fossoyeur de la paix, il avait volontairement violé l’esplanade des mosquées, provoquant ainsi la deuxième Intifada ?
Quoi qu’il en soit, l’occasion d’entamer une démarche effective pour la paix est, bel et bien, palpable aujourd’hui. L’optimisme est d’autant fort que le nouveau président de l’Autorité palestinienne, Mahmoud Abbas, avait affirmé qu’il ne quitterait pas la bande de Ghaza, hier, sans avoir arraché un accord de cessez-le-feu. Les Palestiniens auraient alors fait la part des choses et il ne resterait plus à Israël qu’à mettre un terme à ses faux-fuyants. La balle est, en tous les cas, dans le camp israélien.

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