Proche-Orient : Le numéro deux israélien pour un partage de Jérusalem

Le numéro deux du gouvernement israélien, Haïm Ramon, a provoqué mercredi un tollé dans la classe politique israélienne en proposant de partager Jérusalem avec les Palestiniens dans le cadre d’un règlement définitif du conflit.
Dans un message à Nir Barkat, membre de la coalition municipale de la Ville sainte, M. Ramon a proposé que «la souveraineté d’Israël soit reconnue sur les quartiers juifs (de Jérusalem), et que les Palestiniens exercent leur souveraineté sur les quartiers arabes».
«Les passages devront être ouverts et sûrs entre les quartiers juifs, de même qu’entre les quartiers arabes, et il y aura une souveraineté spéciale sur les lieux saints qui tiendra compte des intérêts uniques d’Israël afin qu’il puisse y exercer son contrôle», a ajouté M. Ramon. Toujours selon ce plan, « le Mur occidental (des Lamentations) et le quartier juif (dans la Vieille ville), ainsi que d’autres lieux saints aux abords de Jérusalem resteront pour toujours sous contrôle israélien».
M. Barkat s’est vivement élevé mercredi à la radio publique contre ces propos, déclarant notamment «qu’il était inconcevable que nous mettions en danger la sécurité de Jérusalem et des lieux saints du judaïsme ». «Jérusalem n’est pas une monnaie d’échange», a de son côté déclaré le ministre du Commerce Eli Yishaï, du parti Shass religieux orthodoxe sépharade. «La majorité des membres du cabinet ne partagent pas les idées de Ramon (…) La plupart des membres de son parti (centriste) Kadima y sont hostiles, et il en va de même pour le parti travailliste, le Shass, le parti (d’extrême droite) Israël Beiténou, et évidemment pour ma formation», a de son côté affirmé Rafi Eytan, ministre des Retraités et chef du parti du même nom.
Mardi, la secrétaire d’Etat américaine, Condoleezza Rice, avait quitté Washington pour se rendre à Jérusalem et Ramallah pour une visite de deux jours dans le but de faire avancer le dialogue israélo-palestinien. Cette visite, la sixième depuis le début de l’année dans la région, doit aussi préparer le terrain pour une conférence de paix sur le Proche-Orient voulue par les Etats-Unis et dont les contours sont encore assez flous. Selon le département d’Etat, outre le Premier ministre israélien Ehud Olmert, Mme Rice qui est à Jérusalem depuis mercredi, devrait s’entretenir avec le numéro deux du gouvernement, Haïm Ramon, la ministre des Affaires étrangères Tzipi Livni, le ministre de la Défense Ehud Barak et le chef de l’opposition de droite Benjamin Netanyahu.

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