Proche-Orient : L’économie palestinienne sapée par les barrages israéliens

Dans un rapport qui sera présenté à une conférence internationale de donateurs lundi à Paris, la Banque mondiale soutient le «plan de réforme et de développement» de l’Autorité palestinienne tout en soulignant que toute embellie économique est compromise par plus de 500 barrages israéliens disséminés en Cisjordanie et par le bouclage de la bande de Gaza. «Pour réussir, ces réformes doivent être appliquées avec détermination par l’Autorité palestinienne, financées par les donateurs et soutenues par des actions israéliennes», affirme la Banque mondiale.
Selon elle, si les objectifs du plan de réforme et de développement sont réalisés, «cela conduira à une modeste croissance, de l’ordre de 5% par an, ce qui, étant donné la croissance démographique et la répartition des revenus, aura peu d’impact sur le taux de pauvreté». Le rapport met toutefois en relief que «réaliser un taux de croissance de 5% dépendra de manière indispensable de l’engagement de la communauté internationale à combler le fossé fiscal lors de trois prochaines années et d’une relance du secteur privée après des mesures israéliennes concrètes en ce qui concerne l’expansion de colonies et les restrictions sur le mouvement et l’accès» des marchandises et des individus. «Même si le financement réclamé est pleinement obtenu, sans allègement du bouclage, la croissance sera légèrement négative, aux alentours de -2% par an», met en garde la Banque mondiale. Celle –ci dresse un tableau sombre de l’économie palestinienne, «prise dans un cycle de baisse et de dépendance» en raison de «l’expansion des colonies, les restrictions de mouvements imposées par Israël depuis le début de l’Intifada (septembre 2000) et le gel de l’aide des donateurs en 2006», après l’entrée du Hamas dans le gouvernement palestinien. Le taux de chômage s’établit actuellement à 19% en Cisjordanie et 33% dans la bande de Gaza, dont au moins 35% de la population vit dans «une profonde pauvreté», selon l’institution internationale. «Outre les réformes de l’Autorité palestinienne, les facteurs déterminants pour l’économie de la Cisjordanie et la bande de Gaza sont toujours l’expansion des colonies et les restrictions de mouvements liées aux préoccupations sécuritaires d’Israël, qui ont morcelé l’économie en cantons isolés», ajoute la Banque mondiale. En ce qui concerne la bande de Gaza, le rapport souligne que «tout effort de redressement économique et de développement doit remédier à l’impact du régime de bouclage en place depuis la prise de contrôle illégale par le Hamas». «Une solution viable doit permettre la reprise des importations et des exportations commerciales. Cela requiert des efforts de l’Autorité palestinienne, d’Israël et des donateurs pour développer une politique commune pour épargner à la population de la bande de Gaza de subir les conséquences de la situation politique qui y prévaut actuellement», ajoute le rapport.

Ezzedine Said (AFP)

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