Proche-Orient : Regain de tension dans les territoires palestiniens

Proche-Orient : Regain de tension dans les territoires palestiniens

Ces deux dernières semaines ont vu la violence militaire israélienne décupler dans les territoires palestiniens où l’on fêtait les sept ans de la seconde Intifada. Plus d’incursions militaires, plus de blocages, plus de victimes et toujours plus de civils durant ce mois sacré de Ramadan. Outre les nombreuses incursions qui ont sévi en Cisjordanie faisant des dizaines de morts et de blessés, la violence culmine dans la bande de Gaza. L’incursion la plus meurtrière date du 27 septembre, date anniversaire de la seconde Intifada. L’armée israélienne a  tué 11 Palestiniens et blessé 26 autres.  Au même moment, en Cisjordanie, l’armée israélienne opérait des incursions importantes, notamment à Naplouse dans le camp de réfugiés de l’Ein où deux morts et plusieurs dizaines de blessés sont à déplorer. De nombreuses maisons ont été détruites, une cinquantaine d’hommes arrêtée, sans compter les pillages et abus commis contre les habitants du camp par les soldats israéliens. La pression est d’autant plus grande que passer les barrages militaires est de plus en plus difficile en ce mois de Ramadan. Des queues interminables sont visibles sur les check-points importants de Cisjordanie, mais aussi,  dans les barrages dits «volants» où l’armée s’installe au hasard sur les routes palestiniennes pour contrôler les véhicules. Chaque vendredi, les Palestiniens s’amassent au check-point de Qalandia, qui relie Ramallah à Jérusalem tentant de passer pour accomplir la prière à la mosquée d’Al Aqsa. Depuis le début de ce Ramadan, les adultes de plus 40 ans, habituellement autorisés à se rendre dans la mosquée sainte, ont été bloqués. Ces regains de tensions et de pressions sur la population palestinienne, à la veille de la rencontre internationale sur la paix au Proche-Orient, initiée par le gouvernement américain, achèvent les derniers espoirs des habitants. «Ils ont tous les pouvoirs, nous ne pouvons rien faire!», hurle un Palestinien attendant de passer au check-point de Huwwara, dans le nord de la Cisjordanie. Ici et là, les milices de combattants palestiniens s’organisent. Dans la bande de Gaza, les roquettes fusent en direction des territoires israéliens. Des opérations revendiquées à tour de rôle par les brigades des martyrs d’Al Aqsa, affiliées au Fatah, les brigades d’Abu Ali Mustafa, affiliées au FPLP, et les brigades Al Qassam, affiliées au Hamas. En Cisjordanie, la milice du FPLP est sur la ligne de mire de l’armée israélienne. Activement recherchés, les combattants s’organisent afin de rendre difficile d’accès les routes et ruelles des camps ou quartiers qu’ils défendent. Des bouts de taules ondulées sont placés stratégiquement, barrant les ruelles et empêchant ainsi les snipers israéliens d’avoir une visibilité importante. Au moindre passage, le bruit prévient les miliciens de l’entrée d’intrus. «Ce qui est étonnant, c’est que les habitants sont de plus en plus solidaires des combattants», témoigne Youcef, 41 ans, habitant de Naplouse. En effet, lors d’incursions, les habitants distribuent des rations de nourriture et de boisson aux miliciens, prouvant ainsi leur soutien aux miliciens. Si de la paix au Proche-Orient les gouvernements du monde tentent de discuter, ce n’est que pression et tension que vivent, aujourd’hui, les habitants des territoires occupés.

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