Proche-Orient : Reprise des négociations entre Olmert et Mahmoud Abbas

Tant à Jérusalem qu’à Ramallah, l’on a pris bonne note des déclarations du président américain qui s’est dit : «très optimiste quant à la volonté des Israéliens et des Palestiniens de parvenir, avant la fin 2 008, à la conclusion d’un accord final». George Bush a promis une «implication totale des Etats-Unis en ce sens».
Or, les discussions lancées dès le 28 novembre 2 007, au lendemain de la Conférence de paix d’Annapolis, entre Israéliens et Palestiniens, des discussions reprises brièvement le 12 décembre, n’ont guère progressé depuis. A l’origine de cette stagnation, il faut incriminer les polémiques provoquées par la décision du ministère du Logement israélien de construire 309 nouveaux appartements à Har Homa, une banlieue périphérique de Jérusalem située en dehors de la «Ligne verte» marquant les frontières d’avant 1967. Pour l’Autorité palestinienne, il s’agissait d’une violation par le gouvernement israélien de l’engagement de Ehoud Olmert de geler la colonisation dans les territoires durant toute la durée des discussions.
Visiblement embarrassé par cette affaire, le Premier ministre israélien a multiplié les déclarations à la fois rassurantes et prudentes. S’il n’a pas voulu céder sur le cas précis de Har Homa, il a clairement laissé entendre à ses concitoyens, dans le cadre d’une interview accordée au Jérusalem Post, qu’un «partage de Jérusalem était inévitable et ce d’autant plus que tous les dirigeants amis d’Israël sont favorables à un retour aux frontières d’avant 1967».
Ehoud Olmert se serait entretenu de ce sujet avec le roi Abdallah II de Jordanie, lors de leur rencontre, le 3 janvier 2 008, à Akaba. Le quotidien saoudien paraissant à Londres, Al Qods al Arabiya, croit même savoir que le Premier ministre israélien aurait promis à George Bush de faire une annonce, lors de sa visite au Proche-Orient, confirmant l’accord d’Israël pour la constitution comme capitale du futur Etat palestinien des quartiers arabes et arménien de Jérusalem, une déclaration qui constituerait une véritable révolution et la reconnaissance d’Al Qods.
Le plus important toutefois est que Israéliens et Palestiniens ont décidé de modifier substantiellement, dans un souci d’efficacité, la nature des travaux des deux équipes de négociateurs dirigées respectivement par la ministre israélienne des Affaires étrangères Tsippi Livni et par l’ancien Premier ministre palestinien Ahmed Qoreï.
Les questions «usuelles», celles qui font peu ou pas litige, seront traitées par les quatorze sous-commissions constituées de fonctionnaires n’ayant pas réellement d’autorité politique. Leurs conclusions seront soumises à l’approbation préalable des deux chefs de délégation, avant d’être, le cas échéant, ratifiées par Ehoud Olmert et Abou Mazen. Ceux-ci continueront à se retrouver deux fois par mois pour faire le point sur l’avancement des pourparlers et pour recadrer les discussions à venir. La nouveauté tient dans la constitution d’une commission présidée par Tsippi Livni et Abou Ala, chargée d’examiner les questions clefs relatives à l’accord final : tracé des frontières, statut de Jérusalem, démilitarisation ou non du futur Etat palestinien ainsi que l’épineux problème des réfugiés. Ces discussions se tiendront en parallèle des sous-commissions et des sommets entre Mahmoud Abbas et Ehoud Olmert qui sauront, enfin, se protéger contre les critiques de leurs adversaires au sein de leur propre camp. Ce schéma devra être présenté à George Bush lors de son séjour à Jérusalem et Ramallah. Il entrera en application à la condition, toutefois, que Ehoud Olmert ne soit pas contraint de démissionner de ses fonctions de Premier ministre après la publication, le 30 janvier prochain, du Rapport définitif de la Commission Winograd sur la Seconde Guerre du Liban.
Ehoud Olmert n’a pas caché qu’il disposait cependant d’un atout de poids. Il est le seul dirigeant israélien actuel à entretenir d’excellentes relations d’amitié et de confiance «avec George Bush, avec le président français Nicolas Sarkozy, avec la chancelière allemande Angela Merkel, avec le Premier ministre britannique Gordon Brown et avec l’envoyé permanent du Quartet international, Tony Blair». Il s’agit pour Ehoud Olmert d’une «coïncidence divine», d’un véritable concours de circonstances qui le sert à un moment crucial de sa carrière politique.

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