PS français : la tornade «Royal»

PS français : la tornade «Royal»

Ségolène Royal, avec sa veste blanche, a donc taillé un costard à ses deux adversaires, Dominique Strauss Khan et Laurent Fabius, aux élections primaires des militants du Parti Socialiste (PS). Elle a remporté 60% des suffrages.
La compagne de François Hollande n’est pas encore la «reine» de France, mais elle est déjà première dame du PS et première candidate à l’élection présidentielle de 2007. Et elle appelle désormais son parti au rassemblement. Mais, elle semble oublier que le PS doit avant tout laver son linge s’il veut mettre un savon au candidat de droit.
«La désignation de Ségolène Royal va-t-elle rassembler ou diviser la gauche ? », s’est interrogé le quotidien «Le Monde». Rappelant que dès l’annonce des résultats du vote les deux candidats perdants avaient appelé à un ralliement à la gagnante, le journal français estime qu’ « on sentait que la blessure était assez profonde pour qu’un nombre non négligeable de socialistes envisagent clairement de se détourner de la candidate du PS, pour se diriger par exemple vers le centre».
Mais pour «Le Figaro», Royal regarde déjà au-delà du rassemblement socialiste. «Pour la première fois, une femme peut devenir présidente de la République, ce qui est en soi un événement politique considérable et progressiste»,  s’est-elle d’ailleurs réjouit.
Jusque-là muet, le Premier secrétaire du Parti socialiste, François Hollande, s’est multiplié ce week-end dans les médias, distinguant son propre rôle, qui est de rassembler et de « faire gagner la gauche », de celui de Mme Royal, chargée de « convaincre les Français ».
«Une élection présidentielle est toujours une démarche personnelle», a-t-il insisté samedi soir sur France 2, mais qui doit être «soutenue par une force collective».
Et il a précisé dimanche sur Canal+ que «c’est à elle (Ségolène) de dire comment elle veut travailler, avec qui». Le PS «aura de toute façon son rôle à jouer avec sa diversité, y compris avec ceux qui ont soutenu un autre candidat» à l’investiture, a-t-il ajouté.
Il a estimé qu’elle avait raison de ne pas vouloir être «prise en charge, en tutelle» pour sa campagne, tout en soulignant «qu’il n’y a pas de victoire possible sans la force collective du PS».
Le prochain grand rendez-vous socialiste aura lieu dimanche prochain à Paris, pour le congrès d’investiture de la candidate à la présidentielle. Une réunion où les "solférinologues" feront le décompte des représentants des divers courants et sensibilités autour de Mme Royal.
La candidate doit réunir prochainement des présidents de région et préparer plusieurs déplacements à l’étranger, a-t-on précisé dans son entourage. Elle devrait aussi consolider le développement des comités «Désirs d’avenir», qui permettent le dialogue avec les sympathisants et la société civile. Un sondage Ipsos publié dans le Journal du Dimanche montre que Ségolène Royal plaît, pour l’instant, aux Français surtout parce que «c’est une femme» (37%), bien plus que parce qu’elle «incarne le renouveau de la gauche» (21%) ou qu’elle est jugée «seule capable de battre Nicolas Sarkozy» (18%).

Nouveau dérapage de Georges Frêche :

La primaire du PS a été entachée par une nouvelle polémique autour de Georges Frêche, après les propos qu’il aurait tenus sur l’équipe de France de football. Des déclarations que les fabiusiens ont été les plus prompts à stigmatiser. Selon le quotidien «Midi Libre», le président PS du conseil régional du Languedoc-Roussillon aurait déclaré mardi au sujet des Bleus : «dans cette équipe, il y a neuf blacks sur onze. La normalité serait qu’il y en ait trois ou quatre. Ce serait le reflet de la société. Mais, là, s’il y en a autant, c’est parce que les blancs sont nuls. J’ai honte pour ce pays. Bientôt, il y aura onze blacks». François Hollande a indiqué vendredi qu’il comptait saisir la commission des conflits de son parti du cas de Georges Frêche. La commission des conflits du PS a déjà suspendu le président du conseil régional de Languedoc-Roussillon de ses délégations dans le parti pour une durée de deux ans à compter du 28 février dernier pour ses propos sur les harkis, qu’il avait qualifiés de "sous-hommes".

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