Quarante tués dans un attentat en Irak

A Bagdad, dix personnes ont été tuées, dont sept dans deux attaques à la roquette Katioucha et au mortier sur le quartier Zaafaraniyah, ce qui porte à 50 morts le bilan des violences de la journée de lundi.

Dans la région de Mossoul, à 375 km au nord de Bagdad, "quarante personnes, en majorité des recrues, ont été tuées et 20 blessées dans l’attentat commis par un kamikaze portant une ceinture d’explosifs dans la base, appelée Tamarat, dans la région d’Azki Kalak", a indiqué une source de sécurité.

Selon un responsable local, le kamikaze "s’est mêlé à une foule de recrues avant d’actionner la charge" à 60 km à l’ouest de Mossoul, près de la ville de Tall Afar.

Un "Conseil" formé de sept groupes armés sunnites et chapeauté par la branche irakienne d’Al-Qaëda d’Abou Moussab al-Zarqaoui, a revendiqué l’attentat, en affirmant qu’il avait été commis par un kamikaze saoudien, dans un communiqué sur internet dont l’authenticité ne peut être établie.

L’attentat est le plus sanglant contre les recrues des forces de sécurité irakiennes depuis celui qui avait tué près de 70 personnes en janvier à Ramadi, à l’ouest de Bagdad.

Le renforcement des forces de sécurité est au centre de la politique des autorités irakiennes et américaines, qui y voient le meilleur moyen de faire face à la rébellion et d’anticiper le départ des forces étrangères surtout américaines.

Mais ces forces et les centres de recrutement sont périodiquement pris pour cible par les rebelles qui veulent dissuader les Irakiens de rejoindre les rangs de la police et de l’armée.

L’attentat survient au lendemain d’un raid sanglant dans le nord de Bagdad dans lequel des responsables chiites ont vu une nouvelle bavure de l’armée américaine.

Mais celle-ci a nié toute implication directe dans le raid, le décrivant comme une opération des forces spéciales irakiennes contre un repaire de rebelles dont 16 ont été tués selon elle, et affirmant qu’il n’avait pas visé de mosquée.

Cette version diffère de celle des autorités irakiennes et de témoins, selon lesquels les forces américaines ont lancé le raid dans un lieu de prière chiite faisant 17 tués parmi les fidèles et cinq blessés.

Des responsables chiites ont eu des mots durs à l’égard des Etats-Unis, à propos de cette opération pour laquelle le président irakien, le kurde Jalal Talabani, a annoncé l’ouverture d’une commission d’enquête américano-irakienne qu’il va présider.

"Les forces américaines et des forces spéciales irakiennes ont commis un crime odieux en attaquant la mosquée Al-Moustapha. Il s’agit d’un crime organisé aux graves implications politiques et sécuritaires et qui vise à attiser une guerre civile", a indiqué le bloc de chiites conservateurs majoritaire au Parlement, dans un communiqué.

Le ministre de l’Intérieur, le chiite Bayane Jabr Soulagh, s’exprimant à la chaîne Al-Arabiya, a qualifié d’"injustifiée l’agression contre des fidèles priant dans une mosquée".

Le raid a été également critiqué par des groupes sunnites irakiens dont le Comité des oulémas musulmans.

L’Iran chiite voisin a également réagi, se disant "dégoûté par la tuerie sans pitié de fidèles".

Dans ce contexte de tensions et violences confessionnelles, dix-huit corps de jeunes chiites tués par balles au nord de Bagdad ont été récupérés par la police, tandis que neuf corps de personnes mortes par étranglement ont été trouvés à Bagdad.

Et la Jordanie a annoncé qu’elle accueillera dans la seconde quinzaine d’avril une conférence irakienne interconfessionnelle afin d’encourager un consensus politique en Irak.

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