Québec : Non à un projet de cimetière musulman

Québec : Non à un projet de cimetière musulman

Sur fond de polémique, au total 36 des 49 personnes appelées à se prononcer sur la création de ce cimetière, se sont présentées au bureau de vote. Dix-neuf de ces 36 électeurs ont voté contre le projet.

La culture du vivre ensemble connaît ses limites par endroit dans la province du Québec. Dans la municipalité de Saint-Apollinaire, localisée sur la rive sud du fleuve Saint-Laurent à environ 31 km de la ville de Québec, un projet de cimetière a été rejeté dimanche dernier, à l’issue des résultats d’un référendum. Un vote organisé, suite à l’opposition au projet par des riverains du site. A noter que quelques semaines après l’attentat qui a fait six morts à la grande mosquée de Québec le 29 janvier dernier, le maire de la localité de Saint-Apollinaire, Bernard Ouellet, avait donné son aval à ce chantier.

Il s’agissait de construire, à côté d’un site funéraire multiconfessionnel déjà existant, un cimetière musulman sur un terrain de plus de 5.500 m² (60.000 pieds carré), propriété du complexe funéraire Harmonia, promoteur du projet. Son aménagement nécessitait toutefois un changement de zonage pour permettre d’y enterrer des corps. Mais les voisins immédiats du terrain qui devait accueillir le cimetière en ont décidé autrement.
Sur fond de polémique, au total 36 des 49 personnes appelées à se prononcer sur la création de ce cimetière, se sont présentées au bureau de vote. Dix-neuf de ces 36 électeurs ont voté contre le projet, soit seulement trois de plus que ceux qui ont voté pour, puisque parmi les votes, un bulletin a été rejeté. Résultat aujourd’hui c’est la grande déception et l’incompréhension dans la communauté musulmane.
Dans le milieu, beaucoup ont du mal à accepter qu’une poignée de personnes ait décidé du sort d’un projet de milliers de gens. Ce qui déçoit le plus les membres de la communauté musulmane c’est que réellement ce qui est rejeté ce n’est pas l’usage du terrain mais c’est l’aspect musulman du projet.
Pour l’heure, la controverse s’amplifie. Les membres de la mosquée du Québec lancent un appel au gouvernement québécois pour trouver une solution. Ils menacent aussi de déposer une plainte à la Commission des droits de la personne car ils considèrent que le projet a été refusé de manière discriminatoire.
«Je suis déçu. Je pense que c’est surtout la peur et la désinformation qui ont guidé le choix des gens, mais je ne crois pas que ce soit le racisme», a indiqué à la presse canadienne Bernard Ouellet, maire de Saint-Apollinaire. Mais de quoi les personnes qui ont rejeté le projet ont-elles peur ? Incompréhensible! Peut-on encore parler de vivre ensemble, d’intégration et d’enracinement dans un environnement où certains rappellent à d’autres qu’ils n’ont pas les mêmes droits que tous. Il est vrai que les faits se passent dans une localité de 6.000 personnes et que le rejet du projet est suite au vote d’uniquement 36 personnes dont 19 contre. Mais indéniablement le débat aujourd’hui sur le sujet dépasse cette localité, engendre la division et fera date. Après l’attentat de janvier dernier à la mosquée de Québec, alors que la communauté musulmane tentait de rétablir la confiance voilà après l’horrible drame que les blessures psychologiques sont de nouveau ravivées.

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