Quito accuse la CIA d’avoir noyauté son renseignement

Le président équatorien a accusé samedi la CIA de contrôler de nombreux services de renseignement du pays, ce qui pourrait affecter les relations entre Quito et Washington et entraîner l’agence de renseignement américaine dans la querelle opposant l’Equateur à la Colombie.
Rafael Correa a limogé un haut responsable des services de renseignement et compte les réorganiser, furieux d’avoir été informé tardivement des liens entre les rebelles colombiens des Farc et un Equatorien qui a péri lors du raid mené le mois dernier par la Colombie en Equateur, qui a provoqué une crise régionale. «Nombre de nos services de renseignement sont passés sous le contrôle de la CIA», a déclaré le dirigeant équatorien lors de son allocution radiophonique hebdomadaire.
«Par le truchement de la CIA, des informations relevées ici ont été transmises à la Colombie pour améliorer leur position» dans le conflit, a-t-il ajouté. Correa a accusé les Etats-Unis d’avoir versé de l’argent à certains agents au sein des services de renseignement équatoriens et il a affirmé qu’une réforme de ces services s’imposait. Le porte-parole de l’ambassade des Etats-Unis à Quito, Arnaldo Arbesu, n’a pas souhaité commenter ces accusations mais a déclaré: «Nous sommes toujours prêts à travailler avec le gouvernement équatorien sur n’importe quel dossier.»
A l’instar de son homologue et allié vénézuélien Hugo Chavez, Correa ne ménage pas ses critiques envers le président américain George Bush dont il a dit qu’il était pire que Satan. Il a aussi dit qu’il préfèrerait se couper un bras plutôt que de renouveler un bail autorisant les forces américaines à utiliser une base aérienne pour leurs opérations anti-drogue. L’Equateur a rompu ses relations diplomatiques avec Bogota après l’attaque par les forces colombiennes d’un camp des Forces armées révolutionnaires de Colombie en territoire équatorien, causant la mort d’une vingtaine de guérilléros, parmi lesquels Raul Reyes, numéro deux des Farc.
Ce raid a brièvement placé la région au bord de la guerre après le déploiement par l’Equateur et le Venezuela de troupes le long de leurs frontières avec la Colombie.

• Alonso Soto (Reuters)

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