Rachida Dati est dans le creux de la vague

En théorie, Rachida Dati, Garde de Sceaux, ministre de la Justice, a toutes les raisons d’être satisfaite de son travail, contente de sa situation, heureuse de sa bonne étoile. Alors que l’ensemble du gouvernement Fillon est en permanence chahuté pour son  autisme et son inefficacité, «le trombinoscope 2008» vient de la choisir comme «révélation politique de l’année 2007».
Sur le plan de son bilan personnel, et après avoir bataillé durement pour imposer son projet de réforme du système judiciaire français laissé en friches depuis 1958, le conseil d’Etat vient de donner un avis favorable à la nouvelle carte judicaire proposée par Rachida Dati qui implique la suppression de 201 tribunaux de grande instance et de 55 tribunaux de commerce. Un exploit politique qui vient sanctionner une forte détermination. Oubliés les quolibets de l’opposition sous la coupole de l’Assemblée qui chargeait son ignorance et sa méconnaissance du dossier, rangées au grenier les railleries de la presse qui glosait sur son caractère autoritaire et cassant de fille gâtée du prince.
Et comme une bonne nouvelle ne déboule jamais seule et alors que Rachida Dati tente désésperément de se faire adopter par le très bourgeois VIIème arrondissement de Paris et de gérer les effets secondaires d’un parachutage municipal, un sondage vient de révéler que la liste UMP qu’elle dirige dans ce quartier arriverait en tête dès le premier tour du scrutin avec 46% des intentions de vote.
Pourtant malgré toutes ses bonnes nouvelles, Rachida Dati ne semble pas être dans son assiette. En témoignent ses dernières grandes prestations télévisées qu’il s’agisse du «Grand Rendez-vous Europe1-TV5-Le Parisien» animé par Jean-Pierre El Kabbach ou de l’émission politique de France 2 «A vous de juger»  que pilote Arlette Chabot. Rachida Dati y a donné le spectacle d’une ministre fatiguée, aux convictions recyclées, rabâchées sans talents comme quand elle tente de prendre la défense de Nicolas Sarkozy, malmené dans les sondages. La naguère brillante porte-parole du candidat Sarkozy qui enflammait avec son verbe mordant et sa prestance les plateaux de télévision ne trouve que ce genre de phrases pour lustrer sa plaidoirie. Rachida  Dati, affirme , la tête déjà ailleurs, que Nicolas Sarkozy est  «un homme d’Etat au service des Français et de leurs préoccupations et que les résultats finiraient par apparaître».  Nicolas Sarkozy aurait donc remis «La France au cœur de toutes les préoccupations des…Français avec…la baisse de la délinquance». Comparée avec la « hargne» de sa concurrente Rama Yade, cette défense laisse rêveur, sceptique et interrogatif.
Plusieurs raisons sont à l’origine de cette baisse de régime. Les observateurs avisés des arcanes de l’Elysée affirment  qu’avec l’arrivée de Carla Bruni au château, un processus implacable de démantèlement du réseau Cécilia, du nom de l’ex-première Dame de France, autour de Nicolas Sarkozy, est en cours. Un des ses épisodes les plus voyants fut l’éviction de son protégé, David Martinon de Neuilly, en attendant de lui trouver un remplaçant au poste exposé de porte-parole de l’Elysée. Dès que la chasse aux amis de Cécilia a été ouverte, tous les regards se sont fixés sur la plus célèbre d’entre eux, Rachida Dati, celle qui n’hésitait pas à l’appeler «ma sœur». Au point d’ausculter leurs rapports actuels. La chronique politico-mondaine bruit d’un diner dans un restaurant du XVIIème arrondissement entre Rachida Dati, Cécilia et son fiancé Richard Attias.
 Rachida Dati eut à subir deux autre coups durs. Le premier fut livrés par «Le Canard enchaîné» lorsqu’il dévoila une plainte en préparation contre Rachida Dati par le groupe Pinault-Printemps-Redoute, propriétaire de Yves Saint-Laurent, réclamant à la ministre une facture de 39 000 euros pour des vêtements non rendus. Même si la plainte fut enterrée, la question demeure :A-t-on voulu simplement lui faire payer sa préférence pour Dior ou lui faire signifier le début de la disgrâce ?
L’autre coup dur concerne la rumeur de son possible transfert, en cas de remaniement, vers le ministère de l’Intérieur, place Beauvau. La bruyante protestation organisée avant sa venue, et les procès publics en incompétence lancés par les pontes de ce ministère censés être fidèles à Nicolas Sarkozy assombrit davantage le tunnel que traverse actuellement  Rachid Dati.

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