Rachida Dati, la redoutable «amie» de Carla Bruni Sarkozy

Rachida Dati, la redoutable «amie» de Carla Bruni Sarkozy

Alors que, sur décision présidentielle, la tempête de la rumeur qui avait fait trembler les fondations de la Sarkozie, est en train de s’évanouir, demeure une grande interrogation qui agite l’ensemble du cénacle politique français : pour quelles raisons l’Elysée avait-il opéré une marche arrière aussi brusque sur le cas Rachida Dati alors que quelques heures avant, il la désignait comme la source de tous ses maux, la gorge profonde de ses malheurs, l’instrument volontaire et actif d’une grande machination destinée à reproduire l’épisode Cécilia et déstabiliser le sommet de l’Etat ?
L’affaire était trop sérieuse et les intervenants à ne pas prendre à la légère. Pierre Charon, disséminateur professionnel de rumeur et briseur frénétique de réputation comme le suggèrent les nombreux portraits que la presse française lui a consacrés, n’hésitait pas à évoquer des éléments probants impliquant la culpabilité de Rachida Dati. Claude Guéant, l’homme qui, traditionnellement se tait plus vite que son ombre, raconte au «Canard Enchaîné» que les portes de l’Elysée lui sont définitivement fermées et que Nicolas Sarkozy ne voulait plus la voir, avant de se raviser, provoquant un trait d’humour involontaire qui accentue le rétropédalage et donne au changement de stratégie un halo mystérieux. Charon et Guéant, c’est la machine froide de l’Elysée qui tombait à bras raccourcis sur Rachida Dati. Puis était venue Carla Bruni Sarkozy et sa grande déclaration sur Rachida Dati qui reste «tout à fait notre amie» pour pimenter le tableau. Carla et Rachida, amies ? Voilà qui a suffi pour enflammer toutes les imaginations. La chronique politique les a régulièrement décrites comme des concurrentes plutôt que comme des alliées. Des livres fouillés avaient même suggéré que la raison principale qui explique la disgrâce de Rachida Dati et sa sortie du gouvernement de François Fillon ont un lien direct avec cette impossible alchimie entre les deux femmes. L’intimité qu’avait Rachida Dati avec l’ex-éphémère première Dame de France, Cécilia, compliquait davantage leurs relations.
Pour expliquer cette soudaine amitié de Carla Bruni pour Rachida Dati, nombreux sont ceux qui n’hésitent pas à souligner que l’ex-garde des Sceaux avait menacé de sortir les crocs pour se défendre alors qu’on cherche à l’exécuter en public et à lui faire porter la responsabilité du trou noir que traverse Nicolas Sarkozy. Dans le «je connais assez bien le président de la République» qu’elle avait lancé sur RTL, il y avait comme une odeur de rébellion. Et la presse de rappeler les postes sensibles que Rachida Dati avait occupés auprès de Nicolas Sarkozy. Elle était juriste chargée des affaires sensibles au Conseil général des Hauts-de-Seine quand Nicolas Sarkozy en était le président. De par son poste de ministre de la Justice, elle a eu de nombreux dossiers tous aussi sensibles.
Des députés UMP, comme François Goulard, endossent publiquement cette hypothèse de la marche arrière motivée par une peur que Rachida Dati ne se défende en dévoilant certains secrets : «la tension était extrême avec elle, et l’Elysée a probablement craint un dérapage de sa part (…) Couper les ponts avec elle, la désigner comme une ennemie… Nicolas Sarkozy a compris qu’il ne pouvait pas prendre ce risque».

Laissez un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *