Rama Yade accroche à David Douillet la ceinture noire du ridicule

Rama Yade accroche à David Douillet la ceinture noire du ridicule

Rama Yade, la benjamine rebelle du gouvernement, que les dieux de l’opinion ont doté d’une insubmersible popularité, vient encore de frapper. Elle vient de faire une prestigieuse victime. Et non des moindres. Car il s’agit de David Douillet, un ancien champion du monde du judo, proche de Bernadette Chirac, puisqu’il était son produit d’appel dans son opération «Pièces Jaunes» destinées à aider les hôpitaux de Paris. David Douillet avait bénéficié d’une aide précieuse de Nicolas Sarkozy pour devenir député. Et depuis les gazettes décrivaient avec de généreuses allusions son ascension vers le Graal que tout sportif de haut niveau rêve sans doute d’atteindre, devenir ministre des Sports. La cote de David Douillet faisait de bonds au fur et à mesure que la relation de Rama Yade avec sa hiérarchie perd en intensité. Il est vrai que Rama Yade s’est toujours arrangée pour donner des ulcères à sa tutelle. Elle réalisa un magnifique travail dans ce domaine comme secrétaire d’Etat des droits de l’Homme sous Bernard Kouchner aux Affaires étrangères au point de pousser l’ancien chantre du droit d’ingérence à se renier et à théoriser la suppression d’un ministère des droits de l’Homme. Ce qui lui avait valu une dégradation vers le secrétariat aux Sports. Elle donne actuellement à Roselyne Bachelot de grandes migraines. La dernière Coupe du monde de foot en Afrique du Sud fut le grand théâtre de leurs divergences et de leurs déchirements. Ses relations avec François Fillon, Premier ministre, sont glaciales et celles qu’elle entretient avec Nicolas Sarkozy, son parrain en politique, sont en dents de scie. Partagée entre cette volonté de tuer le père et cette nécessité de ne pas couper le cordon politique ombilical. C’est sans doute cette situation fragilisée de Rama Yade dont la sortie du gouvernement au prochain remaniement paraît aussi acquise qu’une météo du désert, qui a poussé les prétendants à sa succession à s’enhardir. Parmi eux David Douillet, d’habitude si réservé, si engoncé dans une timidité de champion. Le voilà qui tresse à sa façon avec de petites phrases semées un peu partout, sur la gestion catastrophique actuelle des questions sportives, qui se permet, maladresse des débutants ou certitude des promis, d’annoncer presque son arrivée prochaine au secrétariat d’Etat aux Sports. Avec cette phrase qui en dit long sur la détermination de l’homme : «Si Nicolas Sarkozy me le proposait, j’accepterais. Mon ambition est de servir l’intérêt général». En voyant qu’on l’enterrait vivante, sans chants ni couronnes, le sang de Rama n’a fait qu’un tour. Elle assène un violent «tsuki-komi» que David Douillet encaisse mal dans son estomac de député des Yvelines. «Il mériterait la ceinture noire du ridicule». Le genre de petites phrases que la sanguine Rama Yade a dû bien ruminer dans sa tête en imaginant l’occasion rêvée pour la balancer et garantir le maximum d’effet. Le succès fut au rendez vous au point où cette trouvaille fit presque concurrence, dans le radar de l’actualité, à celle prononcée le jour même par Nicolas Sarkozy selon laquelle l’assassinat de l’otage français Michel Germaneau par Al Qaida ne restera pas impuni.

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