Rama Yade, victime expiatoire de l’incertitude des Bleus

Rama Yade, victime expiatoire de l’incertitude des Bleus

Une chose est certaine. Depuis qu’elle a sévèrement taclé l’équipe de France sur le côté clinquant, voire bling bling de l’hôtel dans lequel elle choisit de résider pendant le Mondial de l’Afrique du Sud, Rama Yade, la secrétaire d’Etat aux Sports vit une très haute solitude. Non seulement l’establishment du foot français ne rate aucune occasion d’égratigner son manque de solidarité avec les Bleus avant une grande épreuve, mais de nombreux politiques se sont saisis de l’affaire pour se refaire une nouvelle virginité en terme de patriotisme sportif et de nationalisme bon marché. La rupture est si violente entre Rama Yade et les hommes de Raymond Domenech qu’il est impossible d’imaginer pour le moment les deux sur une même photo. Pour cause. Ces hommes-là qu’elle a appelés «à la décence en temps de crise» ne ratent aucune occasion de lui rendre la monnaie de sa pièce. D’abord en évitant bruyamment de la croiser lors d’une visite d’un bidonville de Johannesburg. Ensuite, en semant de manière fielleuse quelques confidences désagréables sur le manque de tact de la secrétaire d’Etat aux Sports. Depuis le début du Mondial, Rama Yade ne semble avoir qu’une seule argumentation dans la bouche, celle de montrer qu’elle est solidaire avec l’équipe de France. Elle le fait parfois avec une tonalité tellement appuyée que les mauvais esprits serait tentés d’entendre le contraire : «Je n’ai pas de problème avec l’équipe de France. Mon seul message, c’est de les assurer de mon soutien constant, appuyé et sincère. Message que je partage avec l’ensemble du pays. Je ne suis pas là pour susciter la polémique». Cette tension entre l’équipe de France et Rama Yade semble faire les affaires, en matière de communication au moins, de la ministre de la Santé, de la Jeunesse et des Sports, Roselyne Bachelot qui annonce qu’elle passera la nuit du 17au 18 juin avec l’équipe de France dans son hôtel, le Pezula. Cette stratégie est teintée d’une grande volonté revanche. La relation entre les deux femmes est constamment au bord de la crise de nerfs. Une compétition à vif, une jalousie à fleur de peau. Une impitoyable concurrence d’ego. Et pourtant, dans la réalité des choses, les Bleus et la hiérarchie du foot français doivent remercier profondément Rama Yade de les avoir aidés en leur fournissant un prétexte sur mesure pour justifier une possible débâcle. Et cela se voit à travers deux points essentiels. Le premier est que la grande actualité des Bleus n’est plus monopolisée par le jeu moyen et terne de leurs individualités sans éclats ni créativité et la stratégie sans imagination de son entraîneur Raymond Domenech, mais plutôt par la polémique entre l’équipe de France et la secrétaire d’Etat aux Sports. D’ailleurs, à ce propos, un homme comme Jean-Pierre Escalettes parle carrément de «protéger l’équipe» de Rama Yade. Le second est qu’en cas de bérézina ou d’élimination précoce, l’excuse est toute trouvée pour la justifier : une cinquième colonne qui tirait dans le flanc de l’équipe au lieu de la soutenir et de l’encourager. Mais quel que soit le résultat, la belle Rama Yade au regard et au sourire étincelants semble avoir mangé son pain blanc. Elle s’est mise, pour reprendre l’expression du journal «Libération» «Hors-jeu» et ne risque pas de retrouver les faveurs de la galaxie foot pour longtemps.

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