Ravalomanana pose ses conditions

L’économie malgache est au bord du gouffre et la crise économique et sociale va bientôt prendre un caractère irréversible si aucune solution politique n’est trouvée d’ici peu, analysent les économistes, unanimes.
Proclamé officiellement élu le 29 avril et investi président le 6 mai, Marc Ravalomanana, n’ira à Dakar que si Didier Ratsiraka fait lever les barrages routiers que son camp a érigés depuis deux mois et demi pour asphyxier la capitale. Le président sénégalais Abdoulaye Wade avait invité les deux rivaux de la présidentielle malgache à se rencontrer de nouveau lundi 13 et mardi 14 mai à Dakar.
Le chef de l’Etat sénégalais avait annoncé cette rencontre peu avant l’investiture de M. Ravalomanana lundi, alors que ce dernier n’en n’avait pas été directement averti, selon son camp, une information confirmée de sources diplomatiques. Didier Ratsiraka s’est dit «prêt» à cette rencontre mais, continuant d’accuser son rival d’avoir perpétré un « coup d’Etat », il se considère comme le seul chef de l’Etat malgache. Ce qui rend la rencontre d’autant plus hypothétique puisque M. Ravalomanana a annoncé qu’il n’irait dans la capitale sénégalaise que s’il est invité en tant que président. «La levée des barrages est une condition impérative à son éventuel déplacement à Dakar», a déclaré Guy Rakotomaharo, le plus proche conseiller de M. Ravalomanana.
La levée de ces barrages, responsables au premier chef de l’effondrement de l’économie malgache, était la seule clause qui devait être appliquée «dès la signature», le 18 avril à Dakar, d’un accord de réconciliation par MM. Ravalomanana et Ratsiraka, sous l’égide de M. Wade et de chefs d’Etats africains.
Le camp Ratsiraka ne s’est pas exécuté et a même renforcé le blocus économique de la capitale et des hauts plateaux, fiefs du gouvernement Ravalomanana, y compris grâce au dynamitage de ponts. Dans tous les cas, M. Ravalomanana n’ira pas à Dakar lundi car c’est le jour du 30e anniversaire de la révolte populaire du 13 mai 1972 à Madagascar.

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