Référendum Algérien : les familles des disparus appellent  » à réfléchir »

"Je le dis au nom des victimes à qui l’on dit aujourd’hui de tout oublier: j’appelle les électeurs à réfléchir avant de voter. De quelle paix parle-t-on? Est-ce qu’on peut construire un pays sur l’amnistie?", s’est interrogée la porte-parole du Collectif des familles des disparus en Algérie, Nassera Dutour, lors d’une conférence de presse.

Lors du référendum du 29 septembre, les Algériens doivent se prononcer sur un "projet de charte pour la paix et la réconciliation nationale", censé mettre un terme à la crise et aux violences politiques qui ont fait depuis 1992 plus de 150.000 morts et des milliers de disparus.

Quelque 761.753 Algériens vivant en France sont inscrits sur les listes électorales. Ils commencent à voter samedi.

Mme Dutour, mère d’un disparu, n’a toutefois pas souhaité donner de consigne de vote, affirmant que le Collectif n’était "pas un parti politique".

La "caravane contre l’oubli", qui dénonce les enlèvements de citoyens et de militants par les forces de l’ordre en Algérie, a rencontré vendredi plusieurs élus de la région Nord-Pas-de-Calais.

Le Collectif demande qu’une "justice indépendante" enquête sur la responsabilité des services de sécurité dans la disparition de milliers de personnes.

"Soit les disparus sont encore vivants, alors il faut les libérer. Soit ils sont morts, alors il faut qu’on nous donne un acte de décès", a estimé l’épouse d’un disparu, Zorha Adda-Kraoua.

La Commission nationale consultative de promotion et de protection des Droits de l’Homme (CNCPPDH, officielle), a reconnu la disparition de plus de 6.000 personnes après avoir été arrêtées par les services de sécurité, alors que la la Ligue algérienne pour la défense des droits de l’homme (LADDH, indépendante) évalue leur nombre à 18.000.

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