Regain de tension au Proche-Orient

Quelques heures après la mort de l’un de leurs chefs, Mohamed Al-Karmi, les brigades des martyrs d’Al-Aqsa, un groupe lié au Fatah de M. Arafat, ont mené une attaque contre des soldats israéliens près de Naplouse (Cisjordanie), tuant l’un d’entre eux et blessant un autre. Tel Aviv a placé ses services de sécurité en état d’alerte renforcé après l’accalmie constatée depuis l’appel au cessez-le-feu lancé le 16 décembre par le président palestinien Yasser Arafat. «Nous sommes au bord du gouffre», titre le quotidien israélien à grand tirage Yediot Aharonot, estimant que «les jours de calme sont finis». «Yasser Arafat et Ariel Sharon sont de nouveau engagés sur des lignes parallèles qui ne se rencontreront jamais», écrit-il. La police a multiplié les barrages routiers ainsi que les patrouilles le long de la «ligne verte» qui sépare le territoire israélien de la Cisjordanie.
L’armée d’occupation a aussi bouclé tous les accès de Tulkarem, dans le nord de la Cisjordanie. La direction palestinienne a imputé à Israël l’assassinat d’Al- Karmi, accusant le gouvernement israélien d’attiser la tension. Cette même armée, qui avait déjà tenté d’assassiner cet homme en septembre, n’a ni confirmé ni démenti son implication, mais le bureau du Premier ministre Sharon a rendu public un document énumérant les assassinats d’Israéliens qui lui étaient attribués. Un aveu implicite… Le ministre de la Défense , Binyamin Ben Eliezer, s’essaie, pour sa part, à l’humour macabre, en affirmant que Al-Karmi avait été « victime d’un accident de travail », une expression utilisée par l’Etat hébreu pour décrire l’explosion prématurée de bombes préparées par des Palestiniens. Mais tous les médias en Israël attribuent sa mort à une «opération de liquidation» de même que le chef de l’opposition, le député de gauche Yossi Sarid, qui a affirmé craindre que «cette opération provoque de nouveaux attentats palestiniens». En cas de confirmation israélienne, il s’agirait de la première liquidation commise par les services israéliens depuis plus d’un mois. Malgré la reprise des violences, un des chef politiques du Fatah en Cisjordanie, Hussein al-Cheikh, a affirmé à la radio israélienne –et en hébreu – que le cessez-le-feu décrété le 16 décembre par M. Arafat était «toujours en vigueur».
Et d’ajouter toutefois qu’il y a de «très forte pressions à la base, et notre patience est à bout vis-à-vis de cette guerre menée par le gouvernement israélien d’Ariel Sharon contre le peuple palestinien».

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