Reprise du procès de Saddam Hussein sans les accusés

La dixième audience a commencé avec deux heures de retard devant le haut tribunal pénal irakien qui siège dans la Zone verte, le secteur ultra-sécurisé de Bagdad. Des avocats commis d’office par le tribunal y étaient présents, selon un journaliste de l’AFP sur place.
Le juge Raouf Rachid Abdel Rahmane a expliqué en début de séance que "certains des accusés ont refusé d’assister et d’autres se sont comportés d’une manière qui a poussé le tribunal à commencer sans eux".
Saddam Hussein, son demi-frère Barzan al-Tikriti, Taha Yassine Ramadan, ancien vice-président, Awad al-Bandar, ex-juge du tribunal révolutionnaire, et Mezher Abdallah Roueid, ancien membre du parti Baas de Doujaël, avaient boycotté l’audience de la veille. Les seuls accusés présents la veille étaient trois ex-responsables locaux du parti Baas dissous.
Saddam Hussein et ses sept co-accusés sont jugés pour le massacre de 148 villageois chiites dans les mois et les années ayant suivi une attaque du cortège présidentiel en 1982 à Doujaël, au nord de Bagdad. Ils risquent la peine de mort mais plaident non coupables.
Selon une source proche de la défense, le procès devrait être en principe ajourné pour une "certaine période" qui sera mise à profit pour entrer en contact avec les avocats de la défense et repartir sur de nouvelles bases.
Selon le chef du comité de la défense Khalil al-Doulaëmi, les avocats posent onze conditions pour retourner au tribunal dont la révocation du juge Abdel Rahmane qui "manifeste de l’hostilité à l’égard des accusés" et le transfert du procès "dans un pays qui offre la sécurité".
Le Comité réclame également qu’une "protection effective soit fournie aux avocats". Deux avocats de la défense ont été tués, au début du procès en octobre 2005.
Mercredi aussi, l’audience avait été retardée de trois heures et le procès a repris par un bref huis clos décidé par le juge Abdel Rahmane pour tenter de démêler l’imbroglio procédural croissant.
Cinq témoins, dont des femmes, ont déposé sur ce qu’a été pour eux-mêmes et leurs familles la répression à Doujaël. Les témoins étaient dissimulés derrière un rideau beige, s’adressant d’une voix techniquement déformée à un prétoire aux trois-quarts vides.
Entretemps, la violence a continué de tuer en Irak, selon des sources de sécurité. Une femme a été tuée dans des heurts opposant des soldats américains à des miliciens chiites à Sadr City, quartier déshérité chiite du nord de Bagdad.
A la sortie sud de Bagdad, deux passagers d’un minibus civil ont été tués et sept blessés par des tirs en provenance d’un véhicule tout terrain utilisé par les gardes de sécurité étrangers, selon une source du ministère de l’Intérieur.
A Bassorah (sud), un commandant du renseignement de la police, Joubouri Abdel Karim Joubouri, a été grièvement blessé par des tirs d’hommes armés sur son véhicule, et son chauffeur tué.
En outre, une responsable du ministère de l’Industrie, Mary Hamza al-Roubaë, qui occupe le poste de directeur général, a été enlevée par des hommes armés à Bagdad, selon son ministère.
Au nord de Bagdad, un gigantesque incendie s’est déclaré à l’aube dans un complexe de stockage de brut dans la région de Kirkouk au nord de Bagdad, à la suite d’un sabotage et le feu n’était toujours pas maîtrisé six heures plus tard, a-t-on indiqué de source pétrolière.
Les corps de cinq personnes, dont trois policiers, ont été découverts dans le pays, selon des sources sécuritaires.

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