Revoilà Saddam

Revoilà Saddam

À l’heure où les Chiites rendaient un dernier hommage à l’Ayatollah Mohammad Baqer Al-Hakim, péri dans l’attentat de Najaf, le Conseil de gouvernement irakien a procédé à la nomination des 25 ministres qui formeront le premier cabinet de l’après-Saddam. Au même moment, un enregistrement attribué à l’ancien homme fort de l’Irak a rejeté en bloc tout lien avec l’attentat qui a coûté la vie, outre le dignitaire chiite, à 83 personnes. « Les serviteurs des envahisseurs et des colonisateurs mécréants ont vite accusé, sans preuve, les partisans de Saddam Hussein pour l’assassinat d’Al-Hakim », dit la voix attribuée à l’homme le plus recherché du pays. À travers cette bande sonore, l’ancien homme fort de Bagdad estime que « l’attentat de Najaf est un acte injustifié dont les détails devront être dévoilés par une enquête, à mener à l’avenir sous une autorité nationale, après l’expulsion des envahisseurs et des colonisateurs qui, avec la volonté de Dieu, interviendra dans un proche avenir ». Parallèlement, des milliers de chiites se sont rassemblés dans la ville sainte de Karbala, à 80 km au sud de Bagdad, pour rendre hommage au dignitaire Mohammad Baqer Al-Hakim, avant sa mise en terre, aujourd’hui mardi à Najaf, où il a été tué vendredi dernier dans cet attentat qui fut, comme à l’accoutumée, rapidement attribué aux sympathisants de Saddam Hussein. Les chiites réunis à Karbala, parmi lesquels figurent des Irakiens et même des Iraniens ayant traversé la frontière, ont commencé, lundi peu après l’aube, à se masser dans la mosquée d’Abbas, où le cercueil du dignitaire, arrivé la veille de Bagdad, a été déposé. Les restes d’Al-Hakim devaient ensuite être transportés à Koufa, ville voisine de Najaf située à 175 km au sud de Bagdad, où les funérailles du dignitaire, qui devraient rassembler une marée humaine, sont prévues aujourd’hui. Dans le même contexte, Tom Fuentes, responsable de la police fédérale américaine (FBI) à Bagdad, avait antérieurement annoncé que son service allait participer à l’enquête sur l’attentat de Najaf. Les agents du FBI devaient examiner les échantillons d’explosifs utilisés pour tenter d’établir l’existence d’un lien avec les attentats de Bagdad contre l’ambassade de Jordanie, le 7 août (14 morts) et le siège des Nations unies le 19 août (22 morts), auquel le FBI participe également. « Nous allons tenter d’obtenir des échantillons des explosifs utilisés à Najaf, de les analyser en laboratoire et de les comparer aux échantillons prélevés lors des autres attentats », a expliqué Tom Fuentes, soulignant que le FBI avait été sollicité par le Conseil de gouvernement provisoire irakien à la demande du gouverneur de Najaf, Haïdar Mehdi Mattar. Par ailleurs, alors que le pays est en proie à une recrudescence sans précèdent de la violence, escortée d’humiliations et d’atteintes quotidiennes aux droits du peuple irakien, le Conseil de gouvernement irakien s’est démêlé tant bien que mal afin de nommer les 25 membres du premier cabinet de l’après-guerre. Un cabinet dont la représentativité confessionnelle et ethnique au sein du gouvernement est identique à celle qui prévaut dans le Conseil de gouvernement transitoire. En effet, ledit cabinet est constitué de treize ministres Arabes chiites, cinq Arabes sunnites, cinq Kurdes, un Chrétien et un Turcoman. Selon des sources au sein du Conseil de gouvernement, les Affaires étrangères ont été confiées au Kurde Hoshyar Zebari, les Finances au Sunnite Kamal Al-Gailani, le Pétrole au Chiite Ibrahim Mohammad Bahr Al-Ouloum et l’Intérieur au Chiite Nouri Badrane.

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