Rien de nouveau au Proche-Orient

Rien de nouveau au Proche-Orient

A peine a-t-il pris possession de ses pouvoirs, Mahmoud Abbas n’aura pas eu le temps de souffler : Israël a décidé de geler tout contact avec lui. Outre ce camouflet qui, le moins que l’on puisse dire, n’a rien d’étonnant, une recrudescence de la violence et une démission massive de quelque 46 membres de la commission auront été les faits marquants de cette prise de fonction.
La décision de l’Etat hébreu est intervenue suite à l’attentat qui a coûté la vie à six Israéliens. Aussitôt, l’armée israélienne ne s’est pas fait prier pour reprendre du service dans la Bande de Ghaza. En effet, après avoir pris le soin de cesser tout contact avec l’Autorité palestinienne, Israël a procédé a la fermeture, sine die, de tous les passages vers la Bande de Ghaza, donnant le feu vert à l’armée pour la reprise de la répression. Une vaste incursion durant laquelle huit Palestiniens ont été tués. Le cycle de la violence a, ainsi, été remis sur les rails et la suite, tout le monde la connaît pour avoir assisté au même scénario depuis toujours. Déjà, bien avant l’investiture de Mahmoud Abbas, un scénario similaire était pressenti. Personne, ou presque, ne donnait cher de la « résurrection » des pourparlers de paix entre Palestiniens et Israéliens. Le pessimisme n’y est pour rien et Dieu sait que le monde entier, exception faite de quelques parties, n’avait de hâte que pour un retour à la table des négociations et un règlement définitif d’un conflit qui semble sans fin. Cependant, la situation actuelle, que le commun des mortels connaît par coeur pour l’avoir vécue et revécue interminablement, fait ressortir que les accords de paix ne sortiront, n’en déplaise à Dieu, jamais de l’impasse. Les gens qui n’ont pas la mémoire courte se souviendront qu’à chaque fois que rapprochement entre les deux parties il y a, un événement intervient pour tout anéantir. Il est clair et ce n’est qu’un secret de polichinelle, certains n’ont aucun intérêt à ce que la région s’apaise. Le statu quo est bel et bien financé. Sinon, si cela ne tenait que des deux peuples, palestinien et israélien aurait depuis longtemps cohabité en paix.
Un retour sur la période Arafat rappelle que l’ancienne Autorité palestinienne avait droit au même traitement. Rapprochement, puis reprise de la violence et dissension. En définitive, le vieux leader fut, tout bonnement, écarté car considéré comme persona non grata. Et par Israël et par les Etats-Unis. Aujourd’hui, Mahmoud Abbas vient de faire son baptême de feu du comportement sharonien. Israël estime que Abou Mazen a eu plus de temps que nécessaire pour mater les groupes radicaux. Mais Mahmoud Abbas n’en est qu’au prologue de ce qui l’attend. Le pire est à venir et il n’est pas écarté que, bientôt, on le désigne comme terroriste notoire. Ainsi fonctionne la politique israélienne. En dépit de l’évolution catastrophique des événements, le nouveau président de l’Autorité palestinienne ne perd pas espoir. « Nous tendons notre main au partenaire israélien pour faire la paix», a-t-il indiqué dans une déclaration relayé par l’agence France-Presse. « Mais le partenariat ne se fait pas par les mots mais par les actes », a-t-il ajouté.
Des déclarations qui n’ont, visiblement, pas convaincu les responsables israéliens qui, au bout du compte, obéissent à une stratégie bien élaborée. « Nous sommes déçus par les déclarations ambiguës de Mahmoud Abbas et surtout par le fait qu’il n’a pas exprimé la moindre intention de combattre le terrorisme », a souligné un porte-parole gouvernemental dans une déclaration relayée par l’AFP. Pourtant, jusqu’à il y a trois jours, Ariel Sharon et, au passage, George Walker Bush ne tarissaient pas d’éloges à l’égard d’Abou Mazen. Chose que les observateurs avertis n’ont pas prise pour argent comptant, estimant que tant que Sharon et Bush étaient au pouvoir, la paix risquerait d’attendre fort longtemps. Les deux compères ne sont pas faits pour la paix, ce n’est pas leur tasse de thé et, tant que des intérêts majeurs sont en jeu, pas question pour le Palestinien de rêver de paix, ou plutôt, il peut toujours rêver, de paix.

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