Saddam condamné à la pendaison

Saddam condamné à la pendaison

«La peine de mort par pendaison », telle est la sentence prononcée par le haut tribunal pénal à l’encontre de l’ancien président Saddam Hussein, reconnu coupable de l’exécution de 148 chiites à Doujaïl en 1982, en représailles à un attentat contre son convoi.
Parmi les sept co-accusés, son demi-frère, Barzan Ibrahim Al-Tikriti, a lui aussi été condamné à la peine de mort par pendaison, de même que l’ex-président du tribunal révolutionnaire dans cette affaire, Awad Ahmed Al-Bandar.
Pour sa part, l’ancien vice-président irakien, Taha Yassine Ramadan, a été condamné à la prison à vie. Le procureur général Jaafar Al-Moussaoui avait requis, le 19 juin, la peine de mort pour cet ancien proche de Saddam Hussein, capturé en août 2003 par les combattants kurdes à Mossoul (nord). Il l’avait également requise contre l’ancien dictateur et son demi-frère, patron des services de renseignements au moment des faits, mais pas contre l’ancien magistrat.
Trois anciens dirigeants du Baas dans la région de Doujaïl ont été condamnés à 15 ans de prison pour «homicide volontaire» : Abdallah Kadhem Roueid, son fils Mezhar Abdallah Roueid et Ali Daeh Ali. Un autre ancien responsable du parti Baas dans la région, Mohammed Azzam Al-Ali, a été acquitté, conformément aux réquisitions du procureur général. C’est le seul des huit accusés envers lequel il avait demandé l’abandon des poursuites.
Tomber de rideau donc sur ce procès pas comme les autres. Hormis les multiples incidents qui ont entaché le déroulement du jugement de Saddam, ce procès se distingue des procès normaux par le fait que dès qu’un juge ne partageait pas la vision de l’actuel gouvernement irakien et, par conséquent, celle des Américains, ces derniers le remplaçaient ; violant ainsi les droits des accusés et portant gravement atteinte à l’honorabilité de la Cour. Le premier magistrat, le Kurde Rizkar Amine, a été contraint de démissionner en raison de son manque de fermeté à l’égard de l’accusé. Il a été remplacé par un autre Kurde dans une affaire où les victimes sont des chiites. Inversement, des chiites dirigent les audiences sur les massacres et les bombardements chimiques contre les civils kurdes.
Après trois semaines d’audience, le juge chiite Abdalla al-Amery a été révoqué pour partialité. Il avait déclaré que Saddam n’était pas un dictateur.
Un renvoi dénoncé par les organisations de défense des droits de l’Homme, qui signalent que la décision n’a pas été prise par un organe indépendant de justice mais par le gouvernement irakien.
Le spectacle risque encore de durer. Les protagonistes ont encore la possibilité de jouer les prolongations d’un match dont les résultats sont fixés à l’avance. 
Les statuts du tribunal prévoient une procédure automatique d’appel en cas de condamnation à mort, qui pourrait repousser de plusieurs semaines ou de plusieurs mois l’exécution du verdict.
La Chambre d’appel du haut tribunal pénal, composée de neuf juges, est alors chargée de statuer. Elle peut estimer que l’appel est fondé si elle découvre une erreur de procédure ou un non-respect du droit. Dans ce cas, un nouveau procès devrait avoir lieu…

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