Saddam face aux menaces

La question de l’Irak continue de focaliser un peu plus l’attention, surtout que les Etats-Unis haussent le ton chaque jour un peu plus.
Le sommet de Camp David a été l’occasion pour les deux alliés les plus proches, sur l’Afghanistan hier et contre l’Irak aujourd’hui, d’accoucher d’une stratégie commune. Elle consisterait dans un premier temps à susciter le plus large soutien international autour de leurs options, à ce jour rejetées par la quasi-totalité de la communauté internationale. Cette approche pourrait passer, selon des fuites concordantes, par un retour devant le Conseil de sécurité de l’ONU pour faire voter une résolution imposant à Baghdad un régime musclé d’inspection de son désarmement, et autorisant un recours à la force en cas de refus. Le président américain doit préciser ses intentions lors d’un discours, après-demain jeudi, devant l’Assemblée générale des Nations Unies.
Américains et Britanniques réaffirment que « l’inaction n’est pas une option ». « Nous ne pouvons pas tourner le dos et dire que nous n’allons pas nous préoccuper de ce problème, parce que cela serait irresponsable », a déclaré Tony Blair juste après son sommet avec Bush.
En tout état de cause, Américains et Britanniques sont contraints à un exercice diplomatique délicat, consistant à apaiser les craintes de nombre de leurs partenaires internationaux sur une action unilatérale contre l’Irak, tout en montrant au régime irakien que leur détermination reste intacte.
Mieux, plusieurs scenarii militaires contre l’Irak ont été évoqués à Camp David. Reste à convaincre la communauté internationale de la réalité de la menace irakienne. M.Blair s’est un peu tiré une balle dans le pied en reconnaissant qu’il « n’avait pas la moindre idée de ce qui se passait depuis quatre ans en matière de réarmement irakien ».
Ces contradictions,difficiles à masquer, expliquent dans une large mesure pourquoi des pays comme le France,la Russie, la Chine ou même le Canada déclarent qu’un conflit avec l’Irak ne les intéressait pas. « Pour ce qui est d’aller en Irak et de changer le régime plutôt que d’y aller pour s’assurer qu’il n’y a pas d’armes de destruction, nous ne sommes pas d’accord », a affirmé le vice-Premier ministre canadien, John Manley. « Nous ne nous sommes pas enrôlés dans le mouvement pour le changement du régime en Irak. Nous avons dit qu’il devrait y avoir des preuves de liens entre l’Irak et Al Qaïda avant que nous envisagions cette partie de la guerre contre le terrorisme», a-t-il précisé. Sinon, a-t-il dit, les Etats-Unis « iraient en Irak sans le soutien des Canadiens, mais je ne suis pas sûr qu’ils y iraient seuls».
Cette attitude est partagée par Dominique de Villepin, le ministre français des Affaires étrangères, qui a estimé hier que toute action, quelle qu’elle soit, doit « s’inscrire dans une volonté collective qui assure la transparence des décisions et place chacun face à ses responsabilités». «Les mesures, quelles qu’elles soient, ne pourraient être arrêtées que par la communauté internationale selon un processus collégiale , c’est-à-dire par le Conseil de sécurité », précise le chef de la diplomatie française.

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