Sarkozy et Obama, entente presque cordiale

Sarkozy et Obama, entente presque cordiale

Une photo montrant Nicolas Sarkozy et Barack Obama, sur les plages de Normandie célébrant avec faste et emphase le 65ème anniversaire du débarquement des forces alliées pour libérer l’Europe du joug nazi , rappelle dans le mémoire un autre cliché, celui montrant le président François Mitterrand et le chancelier allemand Helmut Kohl en 1984 à Verdun. Les deux hommes rendaient un hommage aux morts des  deux grandes guerres des deux pays.
Si Nicolas Sarkozy a fourni des efforts gigantesques et commis des gaffes fracassantes pour avoir ce cliché, c’est que l’enjeu valait la chandelle. La rencontre entre les deux hommes devait être la plus intense après les galops d’essai qu’avait constitués, en leur temps, le sommet du G20 à Londres et  le sommet de l’Alliance atlantique du 3 avril dernier à Strasbourg.
Le 6 juin devait être le comble de l’intimité franco-américaine. L’Elysée était si excité de cette perspective qu’il en oublia d’inviter la Reine d’Angleterre donnant lieu à un des rares psychodrames dont les relations franco-britanniques ont le secret. Grande surprise américaine, amertume royale et bégaiements de gêne et de honte français, ont fini par trouver un strapontin au prince Charles, héritier de la couronne. L’honneur est sauf mais le mal est fait.
Cette photo au prix politique exorbitant que Nicolas Sarkozy voulait pour lui même, a été transformée en angle d’attaque électorale de l’opposition. Elle accuse Nicolas Sarkozy d’instrumentaliser un événement aussi chargé pour des profits politiciens de bas étage. Eva Joly, la colistière de Daniel Cohn-Bendit, accuse le président de la République de «privatiser notre mémoire collective». Devant ces attaques, Nicolas Sarkozy répond avec une ironie mordante : «quand les alliés ont débarqué le 6 juin 1944, c’est bien entendu parce qu’ils savaient que le 7 juin 2009 se dérouleraient les élections européennes».
Cette polémique diplomatique avec la Grande-Bretagne et électoraliste avec l’opposition de gauche, ne parvient pas à cacher une interrogation de taille : celle que tout le monde se pose sur la vraie nature des relations entre Nicolas Sarkozy et Barack Obama. Dès les premières semaines de son élection, Barack Obama fut méchamment critiqué par Nicolas Sarkozy , à en croire ses confidences éventées par le presse. Nicolas Sarkozy laissait poindre un fumet de jalousie à l’encontre du nouveau président américain encensé par la planète entière : «il est élu depuis deux mois et n’a jamais géré un ministère de sa vie. Il y a un certain nombre de choses sur lesquelles il n’a pas de position». 
Et depuis, les caméras de télévision en alerte ont pris sur le vif des scènes de bouderie entre les deux hommes qui en disent long sur leurs relations de défiances réelles ou naissantes. Et c’est sans doute pour gommer cette impression catastrophique que l’Elysée joue sur la concordance et les points communs entre les deux hommes. Un conseiller de Nicolas Sarkozy est inhabituellement disert sur le sujet: «c’est la même génération, le même pragmatisme, la même volonté d’agir et de changer le monde, la même approche des dossiers internationaux». Et de rappeler  comme «un premier exercice d’entente opérationnelle efficace» le fait que les deux hommes aient pu liguer leurs forces à Londres pour convaincre le président chinois de renoncer à bloquer la publication de la liste des paradis fiscaux établis par l’OCDE. Devant la tension entre les deux hommes sur laquelle souffle avec bonheur la presse, Sarkozy et Obama se sont mis à échanger des amabilités.
Quand le Français saluait l’ouverture d’esprit et la volonté de construire un  nouveau monde de Barack Obama, ce dernier pointe la capacité d’initiative, l’imagination et la créativité de Nicolas Sarkozy. D’ailleurs, alors que certains journaux français, comme «Marianne» devenu un brûlot anti-Sarkozy, le présentent comme incarnant la vraie rupture, Barack Obama ne se prive pas de vouloir renverser la tendance et ne tarit pas d’éloges sur le président français : «je garde un excellent souvenir de notre dernière rencontre, à Strasbourg (…) La France est l’un des pays les plus importants de la planète, sa parole est décisive».

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