Sarkozy et ses ministres menacés de mort par des lettres anonymes

Sarkozy et ses ministres menacés de mort par des lettres anonymes

S’agit-il d’une blague de potache destinée à créer un buzz fiévreux, de l’œuvre d’un déséquilibré à la recherche d’une occupation pour se distinguer ou d’une affaire de sécurité nationale à prendre extrêmement au sérieux ? C’est la grande interrogation qui taraude aujourd’hui les services de sécurité français face à ces lettres contenant des menaces de mort adressées par un corbeau à de nombreux hommes politiques.
Accompagnées d’une balle de 9mm ou de calibre 38, ces lettres ont eu pour destinataires connus jusqu’à aujourd’hui le président Nicolas Sarkozy, la ministre de l’Intérieur Michelle Alliot-Marie et sa collègue de la justice Rachida Dati, le porte-parole de l’UMP, Frédérique Lefébvre, le maire de Bordeaux Alain Juppé, le député UMP du Nord Christian Vanneste, le maire UMP de Perpignan, Jean-Paul Alduy, le sénateur-maire (UMP) de Béziers, Raymond Couderc.
Pour bien mesurer l’importance que le gouvernement accorde à cette affaire, pas moins de quatre services de police ont été chargés de mener des investigations : la brigade criminelle, la sous-direction antiterroriste (SDAT) et les direction interrégionales de la police judicaire de Marseille et de Bordeaux. Selon la police , certaines lettres ont été postées depuis Montpellier, Bordeaux ou Bédarieux dans l’Hérault.
Dans les premières analyses faites de ces lettres signées par une mystérieuse « Cellule 34», le corbeau décrit ses destinataires de cette manière : «Ministres, députés, sénateurs, pourvoyeurs de lois liberticide (…) vous n’êtes que des morts en sursis (…) mais des morts verrouillés». Il s’en prend par ailleurs à l’UMP : «L’UMP, le nouveau centre FN et autres collabos centristes ou socialo collabos». Les sources proches de l’enquête indiquent que ces lettres ont été dactylographiées sur papier blanc, sans en-tête ni logo, ni signature, contenant des injures et des fautes d’orthographe.
Dans une de ces lettres , les enquêteurs ont cru déceler l’usage d’un langage militaire lorsque le corbeau s’adresse à la police en ces termes : «ce n’est pas la peine de me chercher, j’utilise du matériel d’occasion, vous ne me trouverez pas (…) Ce courrier est le dernier. Nous faisons le black-out, silence radio total».   
Si par obligation professionnelle, les services de police semblent prendre au sérieux cette affaire, certaines victimes de ce corbeau n’ont pas l’air de paniquer outre mesure. Alain Juppé, maire de Bordeaux s’est montré d’une sérénité et d’un sang-froid à toute épreuve : «ce sont les risques du métier, ce n’est pas la première fois ni la dernière, j’imagine, donc cela me laisse tout à fait serein (…) On me menaçait de tas de choses pour des tas de raisons qui m’échappent, mais si vous commencez à lire les lettres anonymes, quand vous faites de la politique, vous n’êtes pas sorti de l’auberge. Il faut prendre cela avec un peu de recul». Quant au député UMP du Nord Christian Vanneste, il décrit l’auteur des menaces comme «quelqu’un qui relève plus du pathologique que du politique». Avec ce petit rappel: «ce n’est pas la première fois que je suis l’objet de menaces. ça ne m’inquiète pas outre mesure. Je n’ai pas l’intention, pour l’instant, de porter plainte, mais ça peut changer s’il y a réitération». L’entourage de Nicolas Sarkozy a aussi minimisé l’importance d’une telle affaire. Un de ses conseillers avait confié à la presse : «nous recevons régulièrement des courriers désobligeants ou menaçants qui sont évalués par le groupe de protection de la présidence de la République et transmis éventuellement à la justice». Mais deux facteurs essentiels font que cette affaire est différente des autres. Le premier est que le corbeau semble cibler les personnalités de la majorité présidentielle, ministres, députés et maires UMP. Ce qui donne à cette affaire des consonances politiques locales qui excluent pour le moment des ramifications internationales. Le second facteur réside dans le fait que les lettres contiennent toujours de balles de 9mn ou de calibre 38, geste macabre destiné à installer une atmosphère de terreur et à indiquer la détermination potentielle des corbeaux à passer à l’acte.n

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