Sarkozy s’en prend à l’Espagne

L’immigration illégale, avec la crise autour des enclaves espagnoles Mellilia et Ceuta, s’est imposée en plus du thème du financement de l’UE, au menu de la réunion officiellement franco-espagnole consacrée à la coopération transfrontalière. 
Lors des discussions bilatérales, tenues lundi dernier, Dominique de Villepin et son homologue le chef du gouvernement espagnol, M.Zapatero, se sont montrés sur la même longueur d’onde. Concernant l’immigration clandestine, les deux chefs de gouvernement ont, en effet, décidé de lancer une initiative globale auprès de l’Union européenne (UE) sur ce dossier.
Le Premier ministre français, Dominique de Villepin, a également soutenu la proposition espagnole d’une "réunion euro-africaine" associant les pays d’origine, de transit et de destination de l’immigration.
M.Zapatero a annoncé lors de la conférence de presse finale qu’une "initiative conjointe" franco-espagnole "pour un plan global de réponses sur l’immigration" sera présentée au prochain Conseil européen qui se tiendra sous la présidence britannique le 27 octobre à Hampton Court.
À la demande pressante de Madrid, M. De Villepin a, quant à lui, soutenu l’idée espagnole d’une conférence Europe -Afrique sur l’immigration, un thème d’habitude jalousement géré par son ministre de l’Intérieur, Nicolas Sarkozy.
Ce dernier, qui se sent de plus en plus éclipsé par De Villepin, a tenté à nouveau de gâcher la fête à son principal rival. Mais cette fois-ci en poussant la barre un peu trop haut. Sarkozy a, en effet, livré une lettre de l’ETA au leader de l’opposition Mariano Rajoy. Une lettre que le gouvernement français avait auparavant reçue dans le cadre de la coopération antiterroriste. Au terme de la coopération de lutte contre le terrorisme, les deux pays sont appelés à échanger toutes sortes d’informations. La remise de cette lettre aux Français par le gouvernement espagnol entre dans le cadre de cet échange. En remettant cette lettre aux mains du chef du Parti populaire espagnol, Mariano Rajoy, Sarkozy a essayé de «mettre le feu à la plaine». Question de ne pas rester une fois de plus sous l’ombre du Premier ministre De Villepin. Surtout que De Villepin a réussi à débloquer in extremis le dossier de la compagnie de ferries SNCM en usant la manière forte.
Sarkozy ne s’est pas arrêté là. Selon le journal conservateur espagnol ABC, le ministre français de l’Intérieur s’est aussi plaint auprès de l’Espagne de sa politique d’immigration.
Le ministre français de l’Intérieur, Nicolas Sarkozy, absent à Barcelone, a traité le gouvernement espagnol d’«apprenti sorcier» faisant allusion au processus exceptionnel de régularisation de travailleurs clandestins qui a concerné près de 700.000 personnes au printemps dernier en Espagne. Madrid n’a pas souhaité commenter ces informations.
Par ailleurs, selon une source proche du gouvernement espagnol citée par l’agence AFP, MM. Zapatero et De Villepin ont également tenté de rapprocher leurs vues sur les thèmes européens, lors d’un entretien d’une heure en tête-à-tête.
Ils ont notamment évoqué le souhait de Paris de maintenir en l’état le financement de la Politique agricole commune (PAC), contrairement aux vœux de Londres. Les Britanniques, qui assurent actuellement la présidence de l’UE, ont lié tout réexamen de leur rabais au budget de l’UE à une baisse des dépenses agricoles, ce que Paris refuse.

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