Scotland Yard démantèle un réseau « géant » d’immigration clandestine

Neuf personnes ont été arrêtées à Londres et une dans le Lincolnshire (centre-est de l’Angleterre), à l’issue d’une enquête de deux ans impliquant 200 policiers britanniques. Deux femmes figurent parmi les interpellés.

Les polices française, italienne, néerlandaise, belge et danoise ont prêté leur concours à l’enquête aux côtés d’Europol.

"Les clandestins étaient en majorité des Kurdes de Turquie", a indiqué une porte-parole de la police.

Scotland Yard n’était en revanche pas en mesure de confirmer mardi matin les informations des médias selon lesquels les trafiquants seraient des Turcs vivant au Royaume-Uni.

Le trafic durait depuis plusieurs années. La police était intervenue 20 fois depuis trois ans pour tenter de mettre fin aux agissements des trafiquants.

Les clandestins payaient de 3.000 à 5.000 livres (4.500 à 7.000 euros) pour leur passage organisé à travers les Balkans. Après un voyage de plusieurs mois, ils entraient en Grande-Bretagne dans des camions ou des voitures. Certains, selon la police, auraient traversé le Pas-de-Calais à bord de petits avions, qui auraient ensuite atterri sur de petits aérodromes.

Une fois introduits en Grande-Bretagne, les immigrants étaient intégrés à la communauté turque du nord de Londres.

Quelques uns ont reçu des papiers d’identité britanniques contrefaits ou volés. Beaucoup ont par la suite aidé financièrement d’autres membres de leurs familles à les rejoindre par la même voie.

"Certaines de ces personnes se voient proposer des emplois mal payés, d’autres sont amenés à se débrouiller seuls", a décrit Tarique Ghaffur, le chef de la lutte contre la criminalité spécialisée dans la police de Londres.

"Nous sommes déterminés à abattre de tels réseaux", a-t-il ajouté, "et cette opération témoigne de notre collaboration avec un nombre croissant de services de police en Europe pour travailler efficacement dans ce but".

Les sommes énormes rapportées par le trafic auraient été partiellement réinvesties dans des bars ou des salles de billard.

"Nous pensons que les personnes arrêtées dirigeaient le réseau. Leur arrestation mettra fin aux agissements à court terme, et il faudra du temps au réseau pour se rétablir, si jamais il y parvient", a déclaré le commissaire Bill Skelly, l’un des responsables de l’opération Maxim.

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