Sécurité : Le Liban peut mieux faire

Des spécialistes internationaux devraient être déployés au Liban en vue d’aider ce pays à lutter plus efficacement contre le trafic d’armes en provenance de Syrie, recommande une équipe d’évaluation de l’ONU dans un rapport publié le mardi 26 juin. Ce rapport qui a aussitôt été remis à Ban-Ki-moon, Secrétaire général des Nations unies affirme que la sécurité à la frontière entre le Liban et la Syrie «est actuellement insuffisante pour prévenir le trafic, en particulier des armes, d’une façon significative». On peut lire également qu’ «Il existe un gros potentiel d’amélioration dans la sécurisation de la frontière libanaise, mais une partie de ces progrès ne pourront s’effectuer qu’avec l’aide de la communauté internationale». Le contrôle est d’autant plus difficile car sur le terrain, les trafics d’armes sont possibles car «certains fonctionnaires dans le domaine de la sécurité ont des allégeances politiques ou religieuses en dehors du pouvoir central», a déclaré Ahmad Fattat, détenteur du portefeuille de la Jeunesse et des Sports.
Par ailleurs, l’équipe d’évaluation dirigée par le Danois Lasse Christensen a recommandé au Liban de créer une force mobile chargée d’effectuer des saisies grâce à des moyens de renseignement et d’interception. Elle appelle également la Syrie à coopérer «pour sécuriser la frontière et empêcher les activités transfrontalières illégales». Pour rappel, il y a déjà deux semaines, le Conseil de sécurité était profondément préoccupé, suite à une déposition de Terje Roed-Larsen, représentant de l’ONU au Proche-Orient. Ce dernier avait signalé, par le biais d’informations de l’armée libanaise, un flux régulier d’armes et d’individus armés à travers la frontière entre la Syrie et le Liban. M. Roed-Larsen avaient également fait part d’informations en provenance d’Israël et d’autres pays qui indiquaient que certaines armes fabriquées hors de la région arrivaient via des pays tiers et étaient acheminées clandestinement au Liban par la frontière syrienne. Notons que le trafic d’armes à la frontière syro-libanaise a été condamné par la communauté internationale. Ainsi, la France à travers son ministre des Affaires étrangères, a qualifié cette situation «d’extrêmement préoccupante» et appelle à un respect de la résolution 1701 du Conseil de sécurité. «L’embargo sur les armes, établi par la résolution 1701 du Conseil de sécurité, doit être respecté par tous, au premier chef par la Syrie. Il s’agit d’une obligation qui s’impose à tous», a souligné le porte-parole du ministère des Affaires étrangères, Jean-Baptiste Mattéi. Rappelons aussi que la résolution 1701, qui avait mis fin à la guerre au Liban sud entre Israël et le Hezbollah en août 2006, interdit «toute vente ou fourniture d’armes au Liban, sauf celles autorisées par le gouvernement libanais».
Le renforcement du contrôle de la frontière syro-libanaise constitue la priorité majeure pour la communauté internationale . Encore faut-il que la Syrie, qui nie toute implication dans ces trafics, veuille coopérer pour «empêcher les activités transfrontalières illégales».

 

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