Sharon de plus en plus isolé

Sharon de plus en plus isolé

La série d’assassinats suite à l’opération «Jours de repentir » déclenchée il y a plusieurs jours par l’armée israélienne au fond des territoires palestiniens se poursuit. Conforme à son statut de boucher, Sharon a ordonné, contre l’avis de l’armée, la poursuite de l’offensive en cours. Mais en parallèle, le Premier ministre israélien mène une autre bataille. Il s’est engagé lundi à soumettre son plan controversé de retrait de la bande de Gaza au vote de la Knesset le 25 octobre, malgré l’opposition d’une partie de sa propre coalition à ce projet. Ce plan prévoit le démantèlement des 21 colonies juives de la bande de Gaza ainsi que de quatre des 120 implantations de Cisjordanie. D’ailleurs Sharon a proclamé lundi devant le Parlement sa détermination à mettre en oeuvre son plan.
En clôture de cette séance à la Knesset, Sharon a échappé à deux motions de censure déposées par les travaillistes et par des partis arabes israéliens, mais son discours a en revanche été rejeté par les députés. Ce vote, par 53 voix contre 44, n’est pas contraignant, mais inflige un revers symbolique à son plan de désengagement.
Les sondages montrent pourtant qu’une majorité d’Israéliens sont favorables à un retrait de Gaza. Mais les opposants à ce projet – parmi lesquels des membres du Likoud de Sharon – estiment qu’il équivaut à une récompense à ce qu’ils appellent « le terrorisme palestinien ». Cette obstination tirerait son fond selon les observateurs du fait que le retrait israélien de Gaza équivalait à un gel du processus de la paix, comme l’a déclaré la semaine dernière à la presse, Dov Weisglass, un proche collaborateur de Sharon.
Une tentative délibérée du gouvernement de bloquer le processus de paix et d’empêcher la création d’un Etat palestinien en 2005, comme le stipule la « feuille de route » ? En tout cas, Sharon n’arrête pas d’affirmer que son gouvernement était toujours engagé vis-à-vis de la « feuille de route », le fameux plan de paix international pour un règlement du conflit avec les Palestiniens, lancé en juin 2003 mais resté lettre morte.
Des paradoxes que seul Sharon sait en créer ; car ces affirmations ne compatissent guère avec son éternel rejet de la représentation de l’autorité palestinienne démocratiquement élue. Sharon conditionne tout retour à la table de négociations avec les Palestiniens par le départ des dirigeants actuels et à leur tête Yasser Arafat. Toujours est-il que l’opération «Jours de repentir» suscite de plus en plus d’indignation.
L’Union européenne a réclamé lundi l’arrêt immédiat des opérations militaires israéliennes dans la bande de Gaza. Réunis à Luxembourg, les ministres des Affaires étrangères ont reconnu le droit d’Israël à se défendre contre les tirs de roquettes palestiniens, mais ont souligné que « ces mesures (israéliennes) ont coûté la vie à de nombreux civils innocents, dont des enfants, et ont fait beaucoup de blessés ». L’Union européenne « condamne le caractère disproportionné des mesures militaires israéliennes dans la bande de Gaza », déclarent les ministres des AE des 25 dans un communiqué. Le retrait de la bande de Gaza, ont-ils affirmé, ne peut pas remplacer l’objectif de deux Etats vivant côte à côte, prévu aux termes de la «feuille de route» pour la paix au Proche-Orient, élaborée par le Quartet de médiateurs internationaux (UE, ONU, Etats-Unis et Russie). Ils ont ajouté que l’Union européenne ne reconnaîtrait aucune modification des frontières d’avant 1967, à moins d’un accord entre Israéliens et Palestiniens à ce sujet. Sur le terrain, les Palestiniens, hommes, femmes et enfants continuent de tomber chaque jour. Si l’armée israélienne a recommandé l’arrêt de cette offensive, impliquant 2.000 soldats, Sharon a refusé, selon des responsables de la sécurité cités par l’AP.
Les derniers décès ont porté à 111 le nombre de Palestiniens tués depuis le 28 septembre au soir, début dans le nord de la bande de Gaza de l’opération israélienne «Jours de repentir ».

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