Sharon lance une bombe politique

Sharon lance une bombe politique

Ariel Sharon a pris une décision et entend l’appliquer. Le chef du gouvernement israélien a donné l’ordre de planifier l’évacuation des colonies de la bande de Gaza. « Je pars du principe que, dans le futur, il n’y aura pas de juifs à Gaza », a déclaré M. Sharon. Quelque 7.500 colons Juifs vivent dans 21 implantations de la bande de Gaza, parmi environ 1,2 million de Palestiniens. Sharon veut aller de l’avant dans son plan d’évacuation des colonies de la bande de Gaza. « Cela est sans aucun doute douloureux. Mais je suis parvenu à la conclusion qu’il fallait procéder à cette démarche pour assurer la sécurité d’Israël », a-t-il déclaré le Premier ministre à la radio publique israélienne. « Sur cette question, je regarde en avant » a-t-il déclaré à la radio publique israélienne.
L’annonce de Sharon fait effet de bombe dans son propre camp. D’ailleurs les dirigeants du Parti national religieux et de l’Union Nationale les partenaires d’extrême droite de sa coalition, ont menacé de quitter le gouvernement. Mais « il y aura toujours une place au gouvernement pour de nouveaux partenaires », a lancé le numéro deux israélien, Ehud Olmert, ministre du Commerce et de l’Industrie qui a évoqué un calendrier pour le démantèlement des colonies de Gaza et d’ajouter « Sharon sait qu’en fin de compte, il obtiendra la majorité requise pour appliquer ce plan ».
Toujours est-il que la déclaration faite par le Premier ministre reste vivement critiquée. Les uns l’accusent de « faillite idéologique » et de « vouloir brader les colonies de Gaza» , les autres estiment qu’il veut ainsi faire oublier la menace d’inculpation qui pèse sur lui pour les affaires de corruption alors que les « rebelles du Likoud », une quinzaine de députés du Likoud rassemblés autour du ministre sans portefeuille, Uzi Landau, entendent faire échec à ce plan devant les institutions du parti. D’ailleurs Ariel Sharon s’y attendait « La partie ne sera pas facile devant les institutions du Likoud », a-t-il reconnu dans une interview au quotidien Haaretz. Jugeant qu’il s’agit plutôt d’ « un projet anti-démocratique qui ne peut que creuser le fossé, entre la minorité arabe israélienne et la majorité juive du pays ». Le député Ahmad Tibi de la liste Hadash a déclaré que « les Arabes israéliens sont des citoyens qu’on ne peut manipuler comme des pions». Dans le passé, des élus arabes israéliens avaient déjà dénoncé des plans de faire passer leurs localités sous souveraineté palestinienne.
Il s’agit principalement de la ville d’Umm el Fahem et ses environs au nord est de Tel-Aviv où vivent plus de 150.000 Arabes israéliens de religion musulmane, en bordure de la Cisjordanie. Cette zone avait été concédée à Israël par la Jordanie en 1949 en échange de territoires occupés par l’armée israélienne dans la région de Jénine dans le nord de la Cisjordanie. Toutefois, selon les résultats d’un sondage, une écrasante majorité, 59%, approuve le démantèlement unilatéral des colonies juives de la bande de Gaza occupée depuis juin 1967 tandis que 34 % y sont hostiles, et 7 % sans opinion. Le chef de l’opposition travailliste, Shimon Peres a promis le soutien de son parti au Premier ministre, Ariel Sharon, s’il met à exécution son plan d’évacuation des colonies juives de la bande de Gaza. « Je lui garantis l’appui de notre parti à la Knesset (Parlement) s’il va dans cette voie », a déclaré M. Peres.
L’ancien chef du parti travailliste, Amram Mitzna, a relevé pour sa part « l’importance » de l’annonce par M. Sharon de son intention d’évacuer les colonies de la bande de Gaza, tout en estimant qu’elle ne serait pas suivie d’effet.
«Je ne crois pas que M. Sharon ait l’intention de mettre à exécution son plan, mais il est important que cet homme, qui fut le principal architecte de la colonisation, en arrive à proclamer à son tour qu’il faut sortir de la bande de Gaza », a-t-il déclaré à la radio publique. Quant aux palestiniens, ils restent, eux, partagés entre le scepticisme quant aux intentions déclarées du Premier ministre israélien et l’espoir du départ des colons et de l’armée qui mettrait fin aux violences.

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