Sharon met en échec les opposants au retrait de Gaza

Une volte-face du chef du principal parti de l’opposition a permis au Premier ministre israélien Ariel Sharon de mettre en échec les adversaires du retrait de la bande de Gaza en s’assurant ainsi la majorité nécessaire à l’adoption de son budget.
"Nous avons finalement accepté de soutenir le budget car ce qui est en jeu c’était le plan de désengagement du Premier ministre qui n’a pas un soutien suffisant dans son propre parti", a déclaré dimanche aux journalistes le chef du Shinouï, Yossef Lapid.
Il a annoncé que les 14 députés de sa formation voteraient la loi de budget, sauf une clause sur l’augmentation de l’aide aux institutions ultra-orthodoxes, en échange d’une augmentation d’un montant de 160 millions de dollars des aides "aux universités, à la culture et aux soldats démobilisés". Jusque-là, le Shinouï menaçait de voter contre le budget 2005. Or si le texte n’était pas adopté d’ici au 31 mars, le gouvernement chutait et des élections anticipées devaient se tenir dans les 90 jours.
L’extrême droite, une fraction importante du parti Likoud de Sharon et le lobby des colons misaient sur cette hypothèse pour torpiller le "plan de désengagement" de Sharon. Il reste cependant un ultime obstacle à franchir au Parlement : lundi, la Knesset doit discuter d’une proposition de référendum sur le retrait. Mais Sharon, qui s’oppose à cette proposition avancée par des adversaires du retrait, semble assuré là encore d’obtenir une majorité des voix contre le référendum. Le soutien américain au maintien de blocs de colonies en Cisjordanie a apparemment aussi renforcé la position du Premier ministre face à l’aile "dure" du Likoud.
La secrétaire d’Etat américaine Condoleezza Rice a nié tout désaccord avec Israël sur un futur maintien des blocs de colonies en Cisjordanie, dans une interview diffusée dimanche par la radio israélienne. Elle a en même temps réaffirmé l’engagement de Washington envers la "Feuille de route", le dernier plan international de paix entre les Israéliens et les Palestiniens, resté lettre morte, qui stipule côté israélien un "gel des activités de colonisation". "La position américaine est qu’il faudra prendre en compte, dans les négociations sur le statut final, des principaux centres de population existant" en Cisjordanie, a déclaré Rice.

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