Sharon : un risque très calculé

Le Premier ministre israélien Ariel Sharon partait favori selon les sondages mardi, à la tête de son nouveau parti, pour les législatives anticipées prévues fin mars et réitérait sa volonté de paix. La nouvelle formation de M. Sharon, qui devrait finalement s’appeler "Kadimah" (En avant, en hébreu) selon les médias, remporterait de 30 à 33 sièges sur 120 à la Chambre, contre 26 au parti travailliste de Amir Peretz (22 actuellement) et seulement de 12 à 15 sièges au Likoud dirigé par Benjamin Netanyahu (contre 40 actuellement). Ce sondage a été publié après que M. Sharon eut rompu la veille avec le Likoud (droite) qu’il avait contribué à créer en 1973.
En accord avec le président de la Knesset, Réouven Rivlin, le président israélien Moshé Katsav a indiqué mardi qu’il acceptait la dissolution de la Chambre et que tous deux allaient s’entendre sur la date du décret et par conséquent sur celle des élections anticipées, en principe le 28 mars. Lors d’une conférence de presse à Jérusalem, Sharon a justifié son départ du Likoud en affirmant lundi soir que "la vie (y) était devenue impossible" en raison de la fronde des "durs" du parti qui n’ont cessé de s’opposer à son plan de retrait de la bande de Gaza achevé en septembre.
Sharon s’est dit déterminé à appliquer la Feuille de route, et n’a pas exclu l’évacuation de certaines colonies juives de Cisjordanie dans la phase finale de ce plan de paix international qui doit déboucher sur la création d’un Etat palestinien.
Le Premier ministre a toutefois écarté un autre retrait unilatéral en Cisjordanie, semblable à celui réalisé dans la bande de Gaza. "La démarche de Sharon constitue une révolution politique comparable à celle de De Gaulle en France" à la fin des années 1950, a affirmé Eyal Arad, conseiller de M. Sharon, lors d’une réunion de presse. "Nous avions besoin de nous réveiller. L’autorité d’Ariel Sharon nous a aidés à droite à accepter la réalité de deux Etats (israélien et palestinien) vivant côte à côte", a-t-il ajouté. Au moins quatorze députés du Likoud, dont les ministres des Finances, Ehud Olmert, de la Sécurité intérieure, Gidéon Ezra, de la Justice, Tzippi Livni et du Tourisme, Abraham Hirshson ont suivi Sharon.

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