Sharon veut assassiner Arafat

«La question de savoir pourquoi nous n’avons pas tué Arafat mérite qu’on en discute ». Ces propos ont été tenus dimanche soir par le chef d’état-major de l’armée israélienne, le général Moshe Yaalon. Ce dernier a une nouvelle fois abordé la question de l’assassinat du président de l’Autorité palestinienne, confiné depuis plus d’un an et demi dans son QG de Ramallah.
Après l’avoir déclaré «politiquement mort», l’Etat hébreu envisage donc publiquement et en toute impunité d’éliminer physiquement ce dirigeant historique de la cause palestinienne. «Il y a eu des discussions à ce sujet par le passé mais après avoir pesé le pour et le contre (…)nous avons définitivement rejeté cette idée d’assassiner Arafat », a souligné M. Yaalon. L’armée souhaiterait-elle aujourd’hui rouvrir les débats ? Malgré les critiques de la communauté internationale, elle poursuit toujours ses attaques ciblées contre les mouvements armés, comme cela a été le cas pour le Hamas, dont le chef pour la Cisjordanie, Abdoullah Kawasme, a été abattu samedi à Hébron. Dans le centre de la Bande de Ghaza, une quinzaine de chars israéliens ont aussi mené une incursion lundi dans la ville de Karara, où ils ont encerclé la maison d’un dirigeant du Hamas. Plus au sud, à Khan Younès, des échanges de tirs ont été provoqués par un nouveau raid au cours duquel un soldat israélien a été blessé. Au cours de cette opération, un bâtiment a également été rasé. Quant à l’annonce d’une attaque ciblée qui a coûté la vie dimanche à quatre membres des Brigades des martyrs d’al-Aqsa à Beit Hanoun, elle a été démentie lundi par les deux camps. Les quatre Palestiniens ont en fait été tués par la bombe qu’ils manipulaient et qui a explosé prématurément. Plus tôt dans la journée, une Palestinienne de 27 ans avait quant à elle par contre été abattue par l’armée près de la colonie juive de Morag, dans le centre de la bande de Ghaza.
Ces nouvelles violences sont intervenues alors qu’en Jordanie voisine, les représentants du Quartette étaient réunis pour relancer une feuille de route toujours bloquée. A l’issue de ces travaux, le secrétaire d’Etat américain Colin Powell a jugé que la mort d’Abdoullah Kawasme «pourrait être un obstacle à de nouvelles avancées». «Aujourd’hui, alors que nous sommes sur le point d’entamer des négociations (…) ce genre d’acte ne contribue à améliorer l’ambiance», a pour sa part estimé Javier Solana, le représentant de la politique extérieure européenne. Le Quartette s’est penché dimanche  sur l’ampleur des violences et sur la possibilité pour les forces israéliennes de céder la place aux services de sécurité palestiniens dans la bande de Ghaza et à Beit Lahm. Ces mêmes thèmes doivent être rediscutés lors d’une nouvelle réunion sécuritaire entre le général israélien Amos Gilad et le ministre palestinien délégué aux affaires de sécurité, Mohammad Dahlane.

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