Sima Samar : l’espoir des opprimées

Nommée vice-présidente et chargée du portefeuille de la condition féminine par la Conférence de Bonn, le 5 décembre dernier, Sima Samar représente tout un symbole pour les femmes afghanes. Née en 1957 à Gazhani (Afghanistan), cette Hazara a été la première de sa communauté à entreprendre des études de médecine. Elle obtient son diplôme à l’Université de Kaboul en 1982. Deux ans plus tard, alors que son mari est arrêté et porté disparu, elle rejoint avec son jeune fils le camp de réfugiés de Quetta, au Pakistan. Exilée, Sima Samar crée alors son premier hôpital pour femmes, puis fonde en 1987 l’Organisation Shuhada («Martyrs»), une organisation non gouvernementale vouée à la reconstruction, au développement de l’Afghanistan, et surtout à la défense des intérêts des femmes et des enfants. Cette association s’est agrandie et gère aujourd’hui quatre hôpitaux et dix cliniques en Afghanistan, ainsi que l’hôpital de Quetta. Tous ces centres dispensent en plus des soins, des programmes d’alphabétisation accompagnés d’aide alimentaire, mais aussi de services d’information en matière d’hygiène et de planification des naissances. Et ce malgré, l’intervention des Taliban qui ont fermé deux centres en 2000. Fervente militante des droits de la femme, le docteur Samar s’est par ailleurs toujours opposée au port de la burqa, vêtement qui, selon elle, entraîne de nombreux cas d’ostéomalacie, un ramollissement généralisé des os dû à des carences alimentaires, et aggravé par l’absence d’exposition aux rayons solaires. Intervenant devant les Nations Unies, Sami Samar s’est vu décerner en 1984 le prix Ramon Magsaysay pour son travail d’animation communautaire. Ce 10 décembre, elle a reçu au Canada, le prix John Humphrey pour la liberté, en hommage à son action en faveur des droits des femmes et des jeunes filles afghanes.

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