Solana espère une réponse rapide et positive

Le chef de la diplomatie de l’Union européenne Javier Solana a espéré samedi une réponse «rapide et positive» de l’Iran à une nouvelle offre de coopération des grandes puissances afin que ce pays suspende son enrichissement d’uranium. Cependant Téhéran a d’ores et déjà rejeté toute suspension de son enrichissement d’uranium, principale condition de l’offre présentée par M. Solana au nom du groupe 5+1 (les cinq membres permanents du Conseil de sécurité de l’ONU -Chine, Etats-Unis, France, Grande-Bretagne Russie- et l’Allemagne). «J’espère que la réponse sera rapide et positive», a dit M. Solana dans une conférence de presse à Téhéran, en jugeant «nécessaire de rétablir la confiance dans la nature pacifique du programme nucléaire iranien». Selon lui, l’offre présente «de nombreuses opportunités pour l’Iran», pays qui dément vouloir fabriquer la bombe atomique comme le soupçonnent l’Occident et Israël. Elle traduit, a-t-il ajouté, le souhait du groupe 5+1 d’avoir «une relation complètement normalisée dans tous les domaines, en particulier dans le domaine nucléaire» avec Téhéran.
L’offre est une version remaniée de celle que M. Solana avait présentée il y a deux ans à l’Iran, et que ce pays avait rejetée. Elle prévoit des négociations dont l’ouverture reste conditionnée à une suspension de l’enrichissement d’uranium pendant toute leur durée qui pourrait être de «plusieurs mois», a précisé M. Solana, qui devait quitter l’Iran après sa conférence de presse, selon des sources diplomatiques. Le porte-parole du gouvernement iranien a exclu cette exigence. «La position de l’Iran est claire: aucune condition préalable à propos de la suspension de nos activités nucléaires ne peut être acceptée», a-t-il dit, peu avant que M. Solana remette l’offre au chef de la diplomatie Manouchehr Mottaki. Ce dernier a quelque peu nuancé les propos de M. Elham, en déclarant que «la réponse de l’Iran à l’offre du 5+1 dépendait de la réponse logique et constructive du 5+1 à l’ensemble des propositions iraniennes». L’Iran a remis en mai à l’ONU et aux grandes capitales des propositions pour régler «les grandes questions du monde», mais ces propositions n’avaient provoqué aucune réaction officielle des intéressés. Notamment parce qu’elles envisagent d’établir en Iran même un consortium pour l’enrichissement d’uranium.
Avant même la fin de la visite de M. Solana à Téhéran, le président américain George W. Bush en a dressé depuis Paris un constat d’échec en se déclarant «déçu que les dirigeants (iraniens) ont rejeté cette offre généreuse».

• Stuart Williams (AFP)

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