Solana plaide pour deux Etats

A Istanbul où s’est ouvert mardi un forum de l’UE et de l’Organisation de la conférence islamique (OCI) sur le dialogue politique des civilisations, Javier Solana, le haut représentant européen de la politique extérieure et de sécurité commune (PESC), a ajouté que la formule de « deux Etats constitue le seul moyen de progresser, et l’Union Européenne est déterminée à oeuvrer dans cette direction ».
Selon M. Solana, la fin du conflit du Proche-Orient est « une des trois priorités immédiates » du dialogue entre l’UE et l’OCI, les deux autres étant, « l’élimination du terrorisme » et la création d’un « pays en paix » en Afghanistan. Et de souligner que les Quinze et l’OCI doivent faire montre d’une pareille « détermination » à réaliser ces trois objectifs. Il a de même rappelé que ces deux identités ont démontré leur volonté de travailler ensemble pour le règlement de certains conflits, comme en Bosnie ou en Afghanistan.
Le responsable européen a mis en garde contre « les formules simplificatrices», estimant qu’il n’y a pas « une seule civilisation islamique» et que celle-ci n’est pas géographiquement définie, comme l’atteste le fait que certaines populations musulmanes en Europe se reconnaissent dans les deux cultures. Et il a enfin appelé à une « plus grande compréhension et tolérance », tout en rejetant l’assimilation entre terrorisme et islam. « le défi est d’identifier et de ne pas avoir peur de débattre » des différences culturelles sur différents thèmes, a-t-il ajouté.
Les chefs de la diplomatie de l’OCI et l’UE se réunissent à Istanbul pour réfléchir à un rapprochement entre mondes musulman et chrétien mis à mal après le 11 septembre, et en plein embrasement au Proche-Orient. Quelque 65 pays sont représentés, dont une bonne quarantaine au niveau des ministres des affaires étrangères, pour « souligner la nécessité de la coopération entre civilisations ».
Cette rencontre intervient alors que le processus de paix entre Israéliens et Palestiniens est au plus mal et que la définition par le président américain George Bush d’un « Axe du mal » incluant deux pays membres de l’OCI – l’Iran et l’Irak, aux côtés de la Corée du nord a créé une certaine tension. L’OCI a estimé que ces propos discréditaient la coalition anti-terroriste formée après le 11 septembre et a dénoncé «une attitude (américaine) négative face à l’escalade dangereuse et aux agissements et à la répression israélienne en Palestine ». Par ailleurs, Israël a minimisé mardi les réserves exprimées par le département d’Etat américain sur ses frappes aériennes la veille contre des objectifs palestiniens qui ont fait des dizaines de blessés dans la bande de Ghaza. Richard Boucher, le porte-parole du département d’Etat, avait souligné, lundi, que bien que Washington comprenne « la nécessité pour Israël de prendre des mesures d’autodéfense, nous sommes gravement préoccupés par les attaques israéliennes des derniers jours sur des installations de l’Autorité palestinienne, notamment dans des zones à forte population civile ».
Mais Avi Pazner, le porte-parole du gouvernement israélien, s’est chargé de dépassionner le débat l’a affirmé. «Contrairement à certains pays européens, a-t-il dit, les Américains comprennent parfaitement qu’Israël se défende contre le terrorisme, même si à chaque fois que nous intervenons dans des secteurs palestiniens autonomes, il y a des réactions similaires du Département d’Etat »…

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