Sommet de la Ligue Arabe : L’ombre de Sadr

Le sommet de la Ligue a été convoqué pour étudier les moyens de venir en aide aux Palestiniens après plus de 15 mois d’Intifada. Mais sa tenue au Liban -avec la présence du dirigeant libyen – est critiquée par les chiites de ce pays. Ceux-ci menacent, en réclamant à la Libye des explications sur le sujet, de faire capoter la tenue du sommet de la Ligue. Sadreddine Sadr, le fils de l’imam disparu en 1978 à l’issue d’un séjour en Libye, va plus loin. «L’affaire de mon père, dit-il, n’est pas une cause chiite. C’est une cause humaine. Il oeuvrait en faveur de l’unité arabe». Et d’ajouter que «Kadhafi peut venir assister au sommet et révéler le sort de l’imam Sadr. Je n’ai aucun doute au sujet de sa complicité». Les chiites libanais menacent, en réclamant à la Libye des explications sur le sujet, de faire capoter la tenue du sommet de la Ligue.
L’attitude des chiites libanais est critiquée par Amr Moussa, le secrétaire général de la Ligue, qui a affirmé lors d’un entretien téléphonique avec le ministre libanais des Affaires étrangères, Mahmoud Hammoud que «le sommet se tiendra à la date prévue à Beyrouth, comme prévu».
M. Moussa avait dénoncé depuis Le Caire des déclarations de responsables chiites libanais refusant la participation au sommet du dirigeant libyen. «Ces déclarations, critiquant et menaçant Mouammar Kadhafi, sont négatives, dangereuses et affectent les mesures visant à rassembler les Arabes», a-t-il dit, ajoutant qu’elles risquaient d’avoir des «répercussions négatives sur les intérêts libanais». Les chiites du Liban accusent la Libye d’avoir nui à l’imam Moussa Sadr, fondateur du mouvement Amal, durant une visite à Tripoli en 1978. On est sans nouvelles du dignitaire religieux depuis cette date. La Libye assure que l’imam a disparu après avoir quitté Tripoli pour se rendre en Italie. La justice italienne a de son côté certifié que l’imam Sadr n’avait jamais mis les pieds dans la Péninsule. La Libye avait annoncé samedi avoir demandé que le sommet se tienne au Caire en raison d’un contentieux opposant Kadhafi aux dirigeants chiites libanais, notamment le président du Parlement, Nabih Berri.
Celui accuse le chef de l’Etat libyen d’être à l’origine de la disparition du chef de la communauté chiite libanaise, lors d’une visite en Libye. Tripoli accuse à son tour M. Berri d’être à l’origine de cette disparition. Une affaire dont on n’est pas prêt de voir la fin.

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