Sommet du G8 à Deauville : Les Européens plaident la candidature de Christine Lagarde au FMI

Sommet du G8 à Deauville : Les Européens plaident la candidature de Christine Lagarde au FMI

Les Européens, unis derrière la candidature de la Française Christine Lagarde à la tête du FMI, ont profité du sommet du G8 qui s’est ouvert jeudi à Deauville (nord-ouest) pour plaider la cause de leur championne. «On n’est pas ici pour faire du lobbying», a assuré le président de l’Union européenne (UE) Herman Van Rompuy au premier jour de la réunion des principaux pays industrialisés dans cette station balnéaire du nord-ouest de la France. L’entourage de la ministre française des Finances a d’ailleurs souligné qu’elle avait annoncé sa candidature mercredi «justement pour ne pas polluer le G8» – ce que réclament aussi plusieurs organisations non gouvernementales. Toutefois, «si certains veulent en parler, nous soulignerons toutes ses qualités», a ajouté Herman Van Rompuy, laissant entendre que les Européens tenteront de pousser l’avantage de la ministre française des Finances auprès des Américains, des Japonais, des Russes et des Canadiens. Jusqu’ici très prudents, les Etats-Unis ont fait jeudi un pas important en direction de Christine Lagarde. La secrétaire d’Etat Hillary Clinton a certes rappelé, à Paris, que son pays avait «officiellement» décidé d’attendre la clôture des candidatures, le 10 juin, pour afficher sa «préférence». Mais «officieusement, nous sommes favorables à ce que des femmes très qualifiées et expérimentées puissent diriger des institutions majeures comme le Fonds monétaire international», a-t-elle ajouté. Cette déclaration en forme de portrait-robot de la Française, seule femme en lice pour l’instant, pourrait dégager la voie pour sa candidature, le soutien américain étant crucial. D’autant que les autres grandes puissances, si elles n’ont pas clairement exprimé leur position, n’ont pas non plus opposé de veto à Christine Lagarde qui brigue la succession de son compatriote Dominique Strauss-Kahn, contraint la semaine dernière à la démission après sa mise en accusation à New York pour agression sexuelle. La ministre française doit encore surmonter deux obstacles de taille. D’abord, une éventuelle candidature rassemblant les pays émergents pourrait se dresser sur son chemin, même s’ils semblent peiner à s’entendre sur un nom. L’Inde a fait savoir que les émergents étaient «en contact» pour soutenir un candidat commun. Et la Chine est restée muette sur ses intentions, se bornant à réclamer une «consultation démocratique». Jusqu’ici, les candidatures du Mexicain Augustin Carstens et du Kazakh Grigori Martchenko n’ont pas réussi à fédérer. D’autres noms circulent, comme l’Israélo-Américain Stanley Fischer, qui a reconnu jeudi qu’il s’agissait d’un «poste passionnant», ou le Sud-Africain Trevor Manuel. Les cinq grandes puissances émergentes du Groupe des Brics (Brésil, Russie, Inde, Chine et Afrique du Sud) ont fermement dénoncé la règle tacite octroyant la direction du FMI à un Européen et la présidence de la Banque mondiale à un Américain. Mais la Russie a aussi laissé entendre qu’elle était prête à soutenir Christine Lagarde. Cette dernière devrait donc se rendre «dans les tout prochains jours» en Chine et au Brésil, a fait savoir son entourage. L’autre obstacle demeure une éventuelle enquête judiciaire pour abus d’autorité, en France, sur le rôle controversé de la ministre dans le règlement d’un contentieux opposant l’hommes d’affaires Bernard Tapie à la banque Crédit Lyonnais. Une décision de la justice pourrait intervenir le 10 juin, mais l’intéressée a affirmé qu’elle irait jusqu’au bout, quoi qu’il arrive. «Elle est tout à fait libre de maintenir sa candidature quoi qu’il en soit, il y a toujours la présomption d’innocence», a estimé Herman Van Rompuy, vantant sa «grande expérience» et son «leadership».

Articles similaires

Laissez un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *