Sommet France-Afrique : Mugabe en trouble-fête

Robert Mugabe obtiendra-t-il une dérogation pour pouvoir se rendre à Paris le 20 février ? Lundi à Bruxelles, les ministres européens des Affaires étrangères n’ont pas pu trancher sur cette question, ni sur celle de la prolongation des sanctions contre le Zimbabwe. Le Royaume-Uni, la Suède, les Pays-Bas et le Danemark avaient déjà fait savoir, la semaine dernière qu’ils s’opposaient à la présence du chef d’Etat zimbabwéen à Paris. Interrogée sur le sujet, le chef de la diplomatie suédoise, Mme Lindh, avait encore estimé, lundi, que l’attitude de Jacques Chirac constituait un «étrange signal» à l’égard de Robert Mugabe. Ce dernier est à la fois sanctionné par l’UE et invité par l’un de ses principaux membres !
Mais que cherche donc le président français ? Son chef de la diplomatie avait évoqué, dimanche, la nécessité de «trouver les moyens d’un dialogue» parallèlement aux sanctions. Faire venir M. Mugabe au sommet France-Afrique permettra, selon Dominique de Villepin, de lui adresser «quelques messages très clairs et très explicites». Reste que le débat est loin d’être clos. La démarche est même «scandaleuse», selon Londres. L’ancienne puissance coloniale du pays plaide au contraire pour une extension de la liste des responsables zimbabwéens – actuellement 72 – interdits de séjour dans l’UE. Est-on, comme ironisent certains diplomates européens, en train de revivre le vieux complexe français de «Fachoda», en référence au conflit que perdit l’armée française en 1898 face à celle d’Angleterre, dans ses ambitions coloniales au Soudan ? Cette éternelle rivalité avait déjà poussé Jacques Chirac à inviter Robert Mugabe à l’Elysée en mars 2001, ce qui lui avait valu les foudres de Londres…
Si l’invitation française est aujourd’hui présentée par les partisans du pouvoir zimbabwéen comme un triomphe contre le Royaume-Uni, elle a aussi fait grincer les dents de plus d’un opposant au régime. Le leader du MDC, Morgan Tsvangirai, a ainsi récemment accusé la France de «maintenir une tradition de soutien aux dictatures, à l’encontre des aspirations démocratiques du peuple du Zimbabwe»…

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