Sommet mondial de l’information

Sommet mondial de l’information

Les participants, dont une importante délégation marocaine, sont arrivés sur les bords du Lac Léman pour parapher une déclaration et entériner un plan d’action à l’issue du sommet prévu en trois jours. Les projets de ces textes éludent les principales questions litigieuses, dont celle du financement des efforts pour réduire la «fracture numérique» Nord-Sud, qui est renvoyée à plus tard, contrairement au souhait des dirigeants africains venus nombreux à Genève. Comme en écho aux réserves africaines, le secrétaire général de l’Onu Kofi Annan, qui a prononcé le discours d’ouverture, a averti que le sommet devait préserver la liberté d’expression. «C’est cette liberté fondamentale que le sommet doit donc réaffirmer», a-t-il déclaré. A travers cette déclaration signée par chaque délégation, les représentants des Etats qui participent à l’évènement ont finalement trouvé un terrain d’entente sur des thématiques clés : contrôle de l’Internet, liberté d’expression, rôle des médias, financement du développement mondial de la société de l’information. Un des objectifs de ces accords est d’éviter que le sommet ne tourne à l’affrontement entre pays riches et pays pauvres. Il faut à tout prix éviter le fiasco diplomatique. «Nous ne sommes pas d’accord sur quelques points concernant le financement, mais les deux déclarations ont été approuvées à 95%», a affirmé Marc Furrer, Directeur de l’Office suisse de la communication (OFCOM) et représentant de la délégation suisse. La question d’un fonds international spécial d’aide aux pays pauvres en matière de TIC, est restée en suspens. Si ces questions ne trouvent de réponses d’ici la fin du sommet, elles pourraient être à nouveau traitées lors de la seconde phase du Sommet, du 16 au 18 novembre 2005 à Tunis. D’ici là, l’ambition de combler le déséquilibre entre pays riches et pays pauvres dans l’accès aux outils modernes de communication reste réelle chez la majorité des présents à Genève. Une quarantaine de dirigeants mondiaux, originaires en majorité de pays en développement y participent. Le sommet devait réunir initialement quelque soixante-dix chefs d’Etat et de gouvernement, mais beaucoup se sont désistés entre-temps, dont le chancelier allemand Gerhard Schroeder, le président brésilien Luiz Inaco Lula da Silva ou le président cubain Fidel Castro. Mais, ce sont quelque 16 000 personnes qui y participent et cherchent à parvenir à une déclaration finale politiquement acceptable par tous. Même si le sommet sur l’information occulte un certain nombre de questions d’ordre culturel, politique et même social, qui y sont liées. Sans quoi, le sommet, dans ces conditions, risque de se résumer en un seul enjeu : comment intégrer les marchés du Sud à la bulle spéculative liée à l’Internet qui commence à montrer ses limites dans l’hémisphère Nord ? En outre, l’informatique est analysée en tant qu’arme idéologique de guerre qui sait se jouer des barrières techniques et des frontières.. C’est pourquoi la société civile cherche à faire entendre sa voix à travers quantité d’évènements organisés en marge du sommet, pour développer une réflexion commune sur une information qui répond à son attente et à ses préoccupations.

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