Soudan : Tourabi libéré

Soudan : Tourabi libéré

Dès l’annonce de sa libération, plusieurs centaines de partisans de son mouvement l’ont salué devant sa maison à Khartoum, l’étreignant et lui criant « Allah Akbar », Dieu est grand. Hassan Tourabi a confié avoir été libéré en raison de pressions internes et internationales. « Je continuerai à me battre pour les mêmes principes pour lesquels j’ai été arrêté: démocratie, liberté d’expression et droits de l’homme », a-t-il promis en souriant. Son avocat Abdel-Salam Gizouli a expliqué à la presse que le président soudanais Omar Al-Bachir avait gracié Tourabi, le dirigeant du Parti national du congrès populaire, et sept autres prisonniers politiques. L’homme fort de Khartoum, le général Omar Al-Bachir, a fait arrêter, Hassan Tourabi, le 21 février 2001. Il n’avait pas pardonné à son ancien mentor son alliance avec la rébellion du sud qui visaient à renverser pacifiquement le régime. Le général avait violemment condamné le « mémorandum d’entente », conclu entre le Congrès national populaire (CNP, opposition) de Hassan Tourabi et l’Armée de libération des peuples du Soudan (SPLA, rébellion sudiste) du colonel John Garang. « Il s’agit d’une violation de la loi. Le gouvernement ne tolèrera pas de tels agissements et sauvegardera la sécurité et la stabilité du pays », avait menacé Omar Al-Bachir. En décembre 1999, Tourabi, 69 ans, avait été évincé du pouvoir par Al-Bachir qui a dissous l’Assemblée nationale dont il était président. En mai 2000, le dirigeant islamiste a été suspendu de ses fonctions de secrétaire général du Congrès national. Tourabi est un érudit quadrilingue qui a opté pour un islamisme d’Etat. Il a reçu ses premiers rudiments d’islamisme de son grand-père, chef d’une secte Soufi minoritaire. Diplômé en droit de l’université de Khartoum, Tourabi a décroché ensuite une maîtrise d’une université britannique en 1957 et un doctorat de l’université de la Sorbonne à Paris le 6 juillet 1964. Il s’exprime parfaitement en allemand, en anglais et en français, en plus de l’arabe, sa langue maternelle, ce qui a facilité ses contacts avec les médias étrangers auxquels il avait multiplié les déclarations sur la révolution islamique internationale. Sollicité par le courant islamiste après son retour de l’étranger, il devint secrétaire du front de la Charte (Jabhat Al-Mithak) lors de la création de ce mouvement qui donna naissance aux « Frères musulmans » au Soudan. Sous le régime de l’ancien président et dictateur Gaafar Nimeiri, il a été arrêté à trois reprises durant les années 70. En juin 1989, il se rallie à Omar Hassan El-Béchir, qui vient d’être promu général, pour renverser le régime démocratiquement élu de son beau-frère, Sadek Al-Mahdi, le chef du parti Oumma. En avril 1991, il crée la conférence populaire arabe et islamique dont il se proclame secrétaire général, tribune de laquelle il propage son idéologie. Elu président du parlement en 1996 puis en 1998, il semble renforcer sa mainmise sur le pouvoir mais ses rapports allaient devenir tendus avec le général Béchir qui lui contestait sa domination de l’organe au pouvoir, le Congrès national (CN) nouvelle version du FNI dissous après le putsch. Du principal allié du général Al Bachir, il devient son principal opposant. Leur alliance a été contre la démocratie. Depuis, qu’ils l’ont enterrée, le pays est déchiré par les guerres civiles.

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