Statu quo au Proche-Orient

Mardi, l’émissaire américain John Wolf, à la tête d’une équipe de 12 experts, s’est rendu à Ghaza pour s’entretenir avec le Premier ministre palestinien. Objectif de cette rencontre : parvenir à un cessez-le-feu au lendemain de l’échec de la médiation égyptienne dans ce sens. Le ministre délégué à la Sécurité Mohammad Dahlane participait aux discussions ainsi que le chef du renseignement militaire Amine al-Hindi. M. Wolf, dépêché dans la région samedi  par Washington pour superviser l’application de la feuille de route, devait soumettre à ses interlocuteurs les conclusions de ses entretiens avec les dirigeants israéliens. Lesquels, comme l’a répété le Premier ministre Sharon lundi, ont déclaré qu’ils ne reprendraient les négociations et qu’ils ne feraient des « concessions » que lorsque les attentats auront cessé. Des attaques auxquelles les groupes armés palestiniens pourraient renoncer si l’armée se retire des territoires et qu’elle y cesse ses agressions. Mahmoud Abbas devait rencontrer à ce propos des représentants du Hamas, du Djihad islamique et d’autres factions dans la journée de mardi. S’ils ne se sont pas mis d’accord avec les émissaires égyptiens lundi, les groupes armés restent malgré tout ouverts au dialogue. Le ministre égyptien des Affaires étrangères Ahmed Maher a même assuré mardi que la médiation de son pays ne constituait « pas la première phase, ni la dernière phase d’une négociation qui se poursuit ». « Il faut être deux pour arrêter la violence » a-t-il rappelé, faisant allusion aux responsabilités de l’Etat hébreu en la matière.
Le chef du Shin Beth, Avi Dichter et le celui du cabinet d’Ariel Sharon, Dov Weissglas, se sont réunis avec des responsables américains mardi pour évoquer la possibilité d’une trêve provisoire avec le Hamas. Jusque-là, Israël s’y est opposé, allant jusqu’à raviver le cycle de violences en tentant de liquider, le 10 juin, un des leaders du mouvement Abdelaziz al-Rantissi. Le Hamas avait répondu le lendemain par un attentat-suicide qui a tué 17 personnes à Jérusalem, ouvrant la voie à une série de violences qui ont fait une cinquantaine de morts en une semaine… M. Weissglas avait déjà rencontré lundi le secrétaire d’Etat, Colin Powell, et la conseillère présidentielle à la sécurité nationale, Condoleezza Rice.
Ceux-ci lui avaient fait savoir que l’administration américain était favorable à la signature d’un cessez-le-feu avec le Hamas si celui-ci se traduisait par l’arrêt définitif des attaques anti-israéliennes. La Maison blanche a, par contre, écarté tout envoi de troupes américaines sur le terrain, dans le cadre d’une force internationale d’interposition récemment évoquée par la France. Favorables à une intervention étrangère, les Palestiniens sont, eux-mêmes, opposés à une présence militaire américaine, tandis que l’Etat hébreu a déjà tout rejeté en bloc. Il a aussi refusé mardi d’envisager la libération de Marwan Barghouti, évoquée le même jour par Yasser Arafat. D’après le président de l’Autorité, le chef du Fatah en Cisjordanie, actuellement jugé pour participation à des attentats par Tel-Aviv, devait être libéré dans les deux jours.

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