Statu quo en Centrafrique

La venue des chefs de la diplomatie congolaise et gabonaise, Rodolphe Adada et Jean Ping, à Bangui représentait mardi le seul fait marquant depuis le coup d’Etat de samedi. Les deux ministres qui devaient être rejoints par leur homologue tchadien Mahamat Saleh Annadif, étaient en Centrafrique pour décider de la question du retrait, du maintien ou du renforcement, de la force régionale déployée en décembre dans la capitale.
Les troupes de la CEMAC, composées de 310 militaires, ont pour rôle le maintien de la paix et de la sécurité mais elles ont surtout servi à la protection du président Ange-Félix Patassé, rôle que remplissait jusqu’alors une milice libyenne. Elles sont restées à l’écart du coup d’Etat de samedi et l’entrée des rebelles dans Bangui. Trois de ces hommes ont cependant été tués ce jour-là, acte que le Gabon qui préside actuellement la CEMAC, a vivement dénoncé.
Il a même averti lundi le général au pouvoir que toute nouvelle atteinte serait considérée comme une « agression délibérée » contre les Etats membres de la CEMAC. Ce qui entraînerait le retrait de cette force alors que François Bozizé en a demandé le renforcement, de même que le maintien de la présence militaire française à Bangui. Depuis samedi, le nouvel homme fort du pays a progressivement imposé son pouvoir. Le bilan des victimes du coup d’Etat semble toutefois s’être alourdi, une dizaine de corps de pillards abattus par les rebelles ayant été retrouvés mardi. D’autres cadavres étaient aussi ensevelis sous les gravats de bâtiments saccagés.
Le président déchu Ange-Félix Patassé était pour sa part toujours réfugié mardi dans la capitale camerounaise Yaoundé, en attendant de trouver un pays d’accueil, le Gabon ou la Libye. Paris a pour sa part appelé au dialogue politique « véritable et sans exclusive » et à la réconciliation. Le quai d’Orsay s’est dit convaincu que « seule une solution politique respectueuse des principes démocratiques pourra résoudre durablement la crise ».

loading...
loading...

Articles similaires

Laissez un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *