Succès de Poutine, débâcle du PC

«Russie-Unie» arrive ainsi en tête avec 37% des suffrages, suivi du parti communiste qui n’a obtenu que 12,9 %. Il est talonné de près par la formation ultra-nationaliste LDPR avec 12,8 % des voix. Sans surprise, «Russie Unie», le parti promu par le président Vladimir Poutine, est donc le grand vainqueur des législatives de dimanche. A la Douma, l’assemblée basse du parlement russe, sa majorité sera d’autant plus forte que les deux autres partis sortis gagnants du scrutin devraient s’aligner sur ses positions lors des votes importants. Le LDPR, le parti nationaliste du leader populiste et clownesque Vladimir Zhirinovsky, double son score par rapport aux élections de 1999 : malgré les diatribes antipouvoir de leur leader, les députés de ce parti finissent généralement par voter en conformité avec les souhaits du président. Quant à Mère Patrie, le nouveau mouvement que le Kremlin est soupçonné d’avoir créé cet automne pour chasser des voix en territoire électoral communiste, il a aussi fait mieux que prévu, en frôlant le seuil des 10 %. Au total, la majorité présidentielle atteindrait ainsi presque les 60 %. Un score qui, au terme du décompte définitif des voix, pourrait se traduire par une majorité des deux tiers (301 des 450 sièges de députés), permettant notamment de changer la Constitution. Cette bonne performance du parti du pouvoir et de ses alliés a été obtenue, avant tout, au détriment des communistes, apparents grands perdants du scrutin. Une contre-performance qu’explique le succès de Mère Patrie, mais aussi celui d’autres petits mouvements aux discours gauchistes, plus ou moins proches du Kremlin. Les premiers résultats faisaient par ailleurs planer quelques doutes sur le sort des deux petits partis libéraux d’opposition, Yabloko et SPS. Tous deux doivent dépasser les 5 %, le seuil minimal pour être représenté en tant que parti à la Douma. Une autre inconnue de taille demeure : que compte faire le président russe de cette forte majorité? Poutine, qui devrait en outre être réélu sans difficulté à la présidence russe le 14 mars prochain, reste très discret sur ce qu’il compte faire de la docilité du pouvoir législatif. Le meilleur usage, disent ses partisans : accélérer les réformes vitales au redressement du pays freiné depuis deux ans par des groupes d’intérêt et la bureaucratie. Ses adversaires voient au contraire un grand danger dans l’emprise croissante du Kremlin sur tous les pans du pouvoir. Si la prochaine Douma est à plus des deux tiers fidèle à Poutine, elle passera des lois pour changer la constitution ce qui va renforcer le pouvoir du président ou même prolonger la durée de son règne pour l’instant limité à deux mandats de quatre ans, soit jusqu’en 2008. La nouvelle Douma sera d’un soutien très important à M. Poutine qui compte poursuivre les réformes politiques, économiques et sociales entamées depuis 2000, année au cours de laquelle l’actuel chef du Kremlin avait été élu à la tête de la magistrature suprême de la Fédération de Russie. L’ancien directeur des services secrets, qui assure aujourd’hui ne pas aller au-delà de deux mandats, avait lui-même évoqué le contraire, rester au pouvoir après 2008. Ses opposants rappellent que le rôle de la chambre haute, le Conseil de la Fédération, a déjà été réduit à néant, le droit d’y siéger ayant été retiré aux gouverneurs, et les régions n’ont donc plus de pouvoirs de réel droit de regard sur la politique du centre.

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