Suisses : Rejett du durcissement

Il s’en est fallu de très peu pour que la proposition soit adoptée. C’est, en effet seulement par 1.120.967 « non » contre 1.118.213 «oui» que les Suisses ont refusé la proposition de l’Union démocratique du Centre (droite populiste) dont le but de durcir la politique d’asile en Suisse. Le point nodal de la proposition est le renvoi automatique des demandeurs vers un Etat tiers considéré comme sûr, lorsqu’ils y sont séjournés avant d’entrer en Suisse. Le projet voulait également limiter les opportunités de travail et restreindre les prestations d’assistance aux demandeurs d’asile qui n’ont pas été retenus.
Plusieurs autres mesures de coercition étaient contenues dans le projet de l’UDC comme le renforcement des contrôles aux frontières et la sanction des compagnies aériennes qui ne respectent pas les prescriptions réglant leur participation au contrôle de l’immigration. Les Suisses ne sont donc pas tombés dans le piège du populisme de ce parti dont l’initiative attise le rejet de l’autre et criminalise l’étranger pour en faire le bouc émissaire idéal de la crise économique. Bien que repoussée, l’initiative a entraîné des dégâts en déchirant la Suisse et en accentuant ses contradictions. Il n’y a pas eu de véritables campagnes contre cette initiative, à l’exception d’opposants isolés, de la gauche, des églises et d’organisations caritatives.
Par ailleurs, les Suisses ont accepté, contre toute attente, la révision de la loi sur l’assurance-chômage, à la demande du gouvernement. C’est un revers pour les syndicats qui avaient engagé le référendum en refusant un démantèlement social draconien, alors que le taux de chômage a atteint la barre des 3%. Dès l’entrée en vigueur de cette loi, les chômeurs n’auront plus droit qu’à 400 indemnités au lieu de 520 actuellement et devront avoir cotisé pendant un an, au lieu de six mois, pour prétendre à l’allocation chômage.
Enfin, la cotisation prélevée sur les hauts revenus sera supprimée. Le porte-parole du Haut Commissariat des Nations unies aux réfugiés s’est déclaré soulagé, car un «succès du oui à la restriction du droit d’asile aurait créé de nombreux problèmes, pas seulement pour les réfugiés mais aussi pour la Suisse elle-même dans ses relations avec ses voisins européens», a-t-il dit. D’ailleurs, le gouvernement suisse, qui s’ouvre de plus en plus sur l’Union européenne, son principal partenaire commercial, a fait campagne contre le projet.

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