Tchad : un scrutin sous haute tension

Les Tchadiens ont commencé à voter mercredi matin, dans un climat tendu par les menaces d’attaques rebelles, pour le premier tour d’un scrutin présidentiel promis, en l’absence de l’opposition, au chef de l’Etat sortant Idriss Deby Itno, au pouvoir depuis 1990. Quelque 5,8 millions de Tchadiens, sur une population de 8,8 millions, doivent choisir un successeur au président sortant, arrivé au pouvoir par les armes en 1990, élu en 1996 et réélu en 2001. Idriss Deby, 54 ans, brigue un troisième mandat de cinq ans après une révision constitutionnelle adoptée l’an dernier malgré les contestations de l’opposition, qui a décidé de boycotter l’élection de mercredi et appelé les électeurs à rester chez eux.  Le président Deby a maintenu ce scrutin malgré la demande de report de l’opposition, les réserves internationales, et la menace des rebelles qui ont attaqué N’Djamena le 13 avril et annoncé de nouvelles offensives.
Dans un entretien téléphonique accordé à l’AFP à la veille de l’élection, le chef rebelle du Front uni pour le changement (Fuc), le capitaine Mahamat Nour Abdelkerim, a exclu toute violence à N’Djamena pendant les opérations de vote. Il n’a pas souhaité dire si des attaques rebelles auraient lieu ailleurs sur le territoire, mais a annoncé une offensive prochaine "sur plusieurs fronts", y compris contre la capitale, pour "renverser Deby".
Auparavant, le Fuc et l’autre principale rébellion tchadienne, le Socle pour le changement, l’unité nationale et la démocratie (Scud), forts d’une récente alliance, avaient appelé ensemble les Tchadiens à déserter les bureaux de vote mercredi, annonçant des "actions militaires ponctuelles". "De toute façon, connaissant Deby et son régime, même si les gens votent dans seulement deux bureaux, ils diront que l’élection est valide", a estimé le capitaine Mahamat Nour.

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