Terrorisme international : Vers des brigades policières franco-espagnoles

Terrorisme international : Vers des brigades policières franco-espagnoles

L’Espagne et la France ont l’intention de mettre en place des équipes communes de policiers pour enquêter sur le «terrorisme international» en relation avec les réseaux
Al-Qaïda, a annoncé mardi le chef de la police espagnole. «Nous voulons avancer vers la mise en place d’équipes communes d’enquête», a déclaré Joan Mesquida, le directeur général de la police et de la garde civile espagnole, à l’issue d’une rencontre avec son homologue français Frédéric Péchenard.
Ces équipes fonctionneraient sur le modèle de la coopération déjà mise en place entre Madrid et Paris pour lutter contre le groupe indépendantiste basque armé ETA.
Ces nouvelles équipes franco-espagnoles concentreraient leur travail sur le «démantèlement des réseaux du terrorisme international et le financement de ce terrorisme», a indiqué M. Mesquida. La coopération porterait également sur le partage d’informations concernant Internet «en tant que cadre important en matière de prosélytisme pour ce type de terrorisme», a-t-il ajouté. Le patron de la police espagnole s’exprimait à l’issue de la rencontre de routine, bi-annuelle, entre responsables des différentes polices françaises et espagnoles. Le directeur général de la police française s’est pour sa part «félicité de la coopération excellente» entre les polices de France et d’Espagne. Cette collaboration est vue «comme un modèle de coopération policière pour l’ensemble de l’Europe», a-t-il souligné.
Concernant la lutte contre l’ETA, le chef de la police espagnole a souligné qu’au cours de ces quatre dernières années, près de 40% des interpellations liées à l’ETA avaient été réalisées en France, souvent à la suite d’un travail de collaboration entre Madrid et Paris. Mais, les quelque 354 interpellations de membres ou collaborateurs de l’ETA effectuées depuis 2004 (dont 138 en France) ne signifient pas que le groupe basque armé soit diminué, a souligné M. Mesquida. «L’ETA garde une capacité opérationnelle. Nous avons analysé la situation en profondeur, le groupe terroriste dispose d’effectifs, d’armes, de matériel pour mener des actions» a souligné le responsable policier espagnol.
Depuis la fin de la trêve de l’ETA, le 5 juin, les opérations policières contre le groupe armé se sont multipliées, en particulier en France, pays qui sert traditionnellement de base arrière à l’organisation indépendantiste. Ces opérations n’ont pas empêché l’ETA de commettre deux attentats notables depuis juin au Pays basque, avec une voiture piégée le 24 août devant une caserne (deux blessés) et une tentative avortée d’assassinat sur un garde du corps avec l’utilisation d’une «bombe-ventouse» sous le véhicule de ce dernier, la semaine dernière.

L’ETA menace à nouveau

L’ETA a rompu en juin dernier le cessez-le-feu qu’elle avait elle-même décrété en mars 2006. Depuis, les Espagnols s’attendent à une nouvelle vague d’attentats. Les polices française et espagnole ont redoublé de vigilance. Plusieurs centaines de kilos d’explosifs ont été saisis et 18 membres de l’ETA arrêtés dont le chef de l’appareil logistique de l’organisation. Frappée par ces interpellations multiples en France et en Espagne, l’ETA avait réagi en perpétrant un attentat le 24 août, en faisant exploser une voiture piégée contre une caserne de la garde civile au Pays Basque (deux blessés). Un deuxième attentat a frappé Bilbao le 9 octobre dernier. L’attentat de Bilbao était visiblement destiné à tuer, ce qui pourrait augurer, si sa responsabilité se confirme, que l’ETA est entrée dans une nouvelle spirale meurtrière.

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