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Timor oriental : la tension persiste

Petit pays, mais grande crise. Au Timor oriental, les dirigeants n’arrivent toujours pas à débloquer la situation qui devient de plus en plus compliquée. La démission du Premier ministre très contesté, Mari Alkatiri, n’a pas arrangé les choses. Même si cette démission a été saluée par des centaines d’habitants qui ont exprimé leur joie, le pays n’a pas encore retrouvé le calme après des semaines de tension dans la rue et de crise au sommet des institutions de la jeune nation, située aux confins de l’Asie du Sud-Est. Mercredi, des groupes de jeunes lançant des pierres ont attaqué des camps de déplacés. Les militaires étrangers se sont interposés entre les factions rivales. Le regain de tension rendait pessimistes ceux qui avaient espéré un retour à la normale.
Neuf maisons ont été incendiées selon les forces internationales, dont deux appartenant à des cadres du Fretilin, le parti au pouvoir dont M.Alkatiri reste le secrétaire général. Des témoins faisaient état de bien davantage de feux criminels. Seize personnes ont été arrêtées pour des incendies, des pillages et d’autres infractions, selon James Baker, l’officier porte-parole des soldats australiens : «Nous espérons qu’il s’agit seulement d’une poussée de violence, mais nous avons des plans permettant de répondre à toute activité criminelle croissante ». Près de l’aéroport, des abris ont été incendiés et des manifestants ont jeté des pierres sur un campement d’urgence. Au moins six personnes ont été interpellées sur place par les forces de l’ordre internationales. Comme souvent depuis le début de la crise au Timor oriental, les attaques semblaient se fonder sur des motifs politiques et des vengeances locales. Carlos Fernandes, 22 ans, au sein d’un groupe incendiant des masures, a ainsi expliqué à l’AFP agir en représailles : « ils se sont rassemblés ici d’abord et ont détruit nos maisons». Selon lui, des habitants se sont par ailleurs énervés en voyant à la télévision les partisans du Premier ministre Mari Alkatiri, qui a quitté lundi ses fonctions, déclarer vouloir marcher sur la capitale. « Après les informations d’hier soir, les gens sont devenus fous. Nous n’aimons pas Alkatiri et nous n’avons pas besoin de lui dans notre pays », a-t-il lancé.
L’ex-Premier ministre est accusé d’avoir donné l’ordre d’armer des civils afin de tuer certains de ses opposants. En apprenant ces allégations, le président Gusmao avait annoncé avoir perdu "confiance" en son Premier ministre et lui avait ordonné de se retirer. Un long bras de fer s’en était suivi.
Le Timor oriental s’est engagé mardi dans une laborieuse désignation d’un nouveau chef de gouvernement, un processus compliqué tant les divisions restent importantes dans l’exécutif. Concernant les campements d’urgence où s’entassent des dizaines de milliers de Timorais par crainte de regagner leur domicile, la situation avait tendance à empirer, avec de nouvelles arrivées mercredi. Les Nations unies ont appelé lundi les partisans de M.Gusmao et ceux de M.Alkatiri à se tenir éloignés les uns des autres afin d’éviter des violences.
Les habitants redoutent malgré tout un affrontement dans la capitale. M.Alkatiri a tenté mardi de calmer ses militants en leur demandant de ne pas marcher sur Dili.

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