Traité anti-missiles : Washington se rétracte

«Le traité ABM empêche notre gouvernement de mettre au point des moyens de protéger notre peuple de futures attaques de missiles lancés par des terroristes ou des Etats voyous», a ainsi déclaré jeudi le chef de la Maison-Blanche. «Défendre le peuple américain est ma principale priorité en tant que commandant en chef. Je ne peux pas et ne veux pas autoriser les Etats-Unis à demeurer liés par un traité qui nous empêche de mettre au point des défenses efficaces», a continué le chef de l’Etat américain qui mettait ainsi officiellement fin au traité «Antibalistic Missiles» signé en 1972 par le président Richard Nixon et son homologue soviétique Léonid Brejnev. Invoquant une clause de l’ancien traité qui prévoit un préavis de six mois, l’administration américaine confirme ainsi sa volonté de se doter d’un bouclier anti-missiles après cette date. La prise de position de Washington, notifiée à la Russie, mais aussi à l’Ukraine, au Kazakhstan et à la Biélorussie (Etats issus de l’ex-URSS s’étant ralliés au traité ABM sous la présidence de Bill Clinton) relance désormais la course à l’armement. Intervenue après plusieurs mois de négociations entre Moscou et Washington et au moment où le leader américain jouit d’une popularité sans précédent, cette décision a par ailleurs été moyennement appréciée par la communauté internationale. Premier test dans le renouveau des relations russo-américaines, elle a d’ores et déjà été qualifiée d’erreur par le Kremlin. Selon Vladimir Poutine, le traité ABM est l’une des «réalisations essentielles du système juridique», même si le «retrait américain ne pose pas de problème à la Russie» d’un point de vue militaire. Si la fidèle alliée des Etats-Unis, la Grande-Bretagne, a réitéré son soutien à Washington, les autres Etats européens sont plus pessimistes. La Chine se déclare quant à elle «préoccupée».

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